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Paroisse de Pleumeur Bodou
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(1339)L éternel a fait pour nous de grandes choses ; 

Nous sommes dans la joie
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(293)Fais que mon regard soit un regard qui sache admirer, s extasier, contempler.
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Tiens bien notre maison

Publié le vendredi 31 juillet 2015, mis a jour le jeudi 28 janvier 2016 , par Robert Gautheret

Tiens bien notre maison

C’est l’été. Nous avons tous laissé nos maisons particulières pour aller visiter ‘’notre maison commune’’ c’est-à-dire la terre, la nature, sa beauté et sa grandeur comme le dit le pape François dans sa Lettre encyclique sur la sauvegarde de la maison commune, Laudato si’. Nous sommes nombreux à sillonner notre maison commune : la terre, la mer, le ciel, les montagnes qui sont malheureusement en train de perdre leur grandeur. Et saint Paul nous dira dans l’un des textes liturgiques de ce mois d’août, que « nous traversons des jours mauvais ». Car, depuis que le péché est entré dans le monde, cette parole de saint Paul est d’actualité à toutes les époques. L’homme au cœur dévoyé ne peut enfanter que la haine et la guerre, le sexe et la destruction. Alors que, spontanément, nous devrions nous élancer vers Dieu dans un élan filial de reconnaissance à travers la reconnaissance à la mère-nature qui nous porte et nous maintient, nous nous détournons du Seigneur pour nous jeter sur les créatures et nous y asservir passionnément en détruisant dangereusement ‘’notre maison commune’’. Notre voiture, notre maison de campagne, nos comptes en banque, notre héritage, nos intérêts commerciaux, notre technologie à outrance nous aveuglent et nous empêchent de prendre soin de notre maison commune. Et comme l’écrit le pape François « On a tendance à croire ‘’que tout accroissement de puissance est en soi “progrès”, un degré plus haut de sécurité, d’utilité, de bien-être, de force vitale, de plénitude des valeurs’’, comme si la réalité, le bien et la vérité surgissaient spontanément du pouvoir technologique et économique lui-même. » (Laudato si’, n° 105) « Ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages » nous exhorte Saint Paul : le fou ou l’insensé est celui qui a perdu le sens, c’est-à-dire qui ne sait ni d’où il vient, ni où il va ; et qui ne s’en soucie guère, tant il est fasciné par le miroir aux alouettes de ce monde. Mais le sage est celui qui se tourne vers Dieu et cherche humblement sa volonté. N’est-ce pas ce que notre bon pape appelle « éducation nécessaire » ?

Toutefois, il demeure impossible de remettre l’homme et tout l’homme sur le chemin de son humanité pour aller à la véritable ‘maison commune’, si on ne lui indique le chemin du véritable Homme, véritable demeure de l’homme en Dieu. Pour ce faire, pour nous chrétiens, cet été peut être celui de la recherche de Jésus afin de travailler à l’œuvre du Père c’est-à-dire croire en Celui qu’Il a envoyé. « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez en celui qu’il a envoyé. » (Évangile : 18e dimanche ordinaire). Œuvrer pour le Père, c’est accepter d’entendre Jésus nous dire comme le pape François nous le rappelle dans le thème pour la semaine missionnaire de cette année 2015 : « Va, je t’envoie ». Envoyé par Jésus, il n’y a plus de raison de récriminer contre lui. Mais il nous faut tout simplement apprendre à écouter les enseignements du Père en allant à Jésus et en sortant de nos vices personnels et de nos raisons limitées. « Tout homme qui écoute les enseignements du Père, vient à moi. » (19e dimanche ordinaire) Accepter d’être envoyé par toute la ‘maison commune’’ vers la maison commune’’, c’est accepter de porter en sa chair Jésus-le Pain Vivant et d’être du coup soi-même nourriture pour les autres. Si j’accepte d’être envoyé, c’est pour aller vivre de la vie du Père par et dans le Fils Unique : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (20e dimanche ordinaire). Enfin, quand le pape François nous dit « va, je t’envoie », c’est dire que durant cet été il nous faut apprendre à laisser l’Esprit du Père et du Fils, nous faire vivre. Car les Paroles de Dieu sont esprit et vie. Alors « à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle. » (21e dimanche ordinaire).

Chrétiens de Lannion et de Pleumeur ou estivants, si notre chemin nous mène à la ‘’maison commune’’, il ne peut que nous conduire à Jésus qui est l’espoir de notre terre, de notre mer, de notre ciel et de notre corps mis en péril par l’homme moderne. Si Jésus, pierre angulaire de ‘notre maison commune s’est transfiguré resplendissant de gloire et de clarté divine devant ses disciples sur la montagne, c’est qu’il a aussi transfiguré notre maison commune et nous élève dans la gloire du Père comme la Vierge Marie à l’Assomption. Elle « a pour manteau le soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ». Dire autrement, elle a tellement pris soin de notre ‘maison commune’’ qu’elle a revêtu les lumières de cette maison : le soleil, la lune et les étoiles. C’est donc possible pour nous aussi, si nous apprenons, quel que soit notre niveau, à prendre soin et à respecter la terre, la mer, le ciel, le corps. Alors que cette prière de la lettre encyclique Laudato si’ soit la nôtre tous les jours de ce mois d’août : « Dieu d’amour […] illumine les détenteurs du pouvoir et de l’argent pour qu’ils se gardent du péché de l’indifférence, aiment le bien commun, promeuvent les faibles, et prennent soin de ce monde que nous habitons. » (Laudato si’, n° 246)

Père Grégoire-Sylvestre GAINSI

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