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Paroisse de Pleumeur Bodou
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(235)Ceci est mon corps, 

ceci est mon sang. 

Prenez et mangez-en tous
[D] 
(221)L Éternel combattra pour vous ; 

et vous, gardez le silence.
[D] 
(1303)Par ta puissance invisible, Seigneur, tu accomplis des merveilles dans tes sacrements
[D] 
(283)L émerveillement se cultive dans l intériorité du Christ
[D] 

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Profession de foi 2010 le 30 Mai à l’Eglise de la Trinité à Trébeurden

Publié le dimanche 15 août 2010, mis a jour le lundi 21 mars 2011 , par Corentin Penn

C’est Chilair Boncoeur qui présidait la profession de foi de la Paroisse de Pleumeur Bodou le 30 Mai à l’église Ste Trinité à Trébeurden.

Le moins qu’on puisse dire c’est que L’Abbé Chilair Boncoeur n’y est pas allé par quatre chemins pour interpeller les jeunes dans leur situation de chrétiens dans la vie de tous les jours. Une réflexion qui décoiffe et nous interpelle, nous aussi, les adultes ou les fossiles comme il dit, car nous sommes tous concernés et responsables de l’ambiance actuelle.

Homélie profession de foi 2010

Frère et sœur,

Une semaine après la Pentecôte où nous avons reçu le don de l’Esprit, l’Eglise nous invite à méditer sur le grand mystère de la Trinité. « Chers jeunes n’ayez pas honte de souffrir de porter le nom de chrétiens parce que l’Esprit de Dieu repose sur vous », c’est ce qu’écrivait autrefois Saint Pierre aux chrétiens de la première Eglise. En ce jour où nous célébrons le mystère de la Sainte Trinité et votre profession de foi, c’est encore d’actualité. « Essayez d’assumer votre foi le mieux possible au collège et au lycée, ce qui est assez difficile, au moment où l’Eglise n’est pas vue comme jeune, dynamique mais plutôt comme « ringarde ». Il me semble que beaucoup d’entre vous, jeunes ou adultes, pourraient évoquer des choses semblables, car il n’est pas évident aujourd’hui de se dire chrétien dans une société où l’individualisme et l’indifférence aux autres, paraissent normal à beaucoup. Et où se dévouer, pardonner, partager dans l’esprit de l’évangile paraît souvent naïf, sinon rétrograde, quand l’angoisse de la compétition ou de la sélection domine sur les sentiments d’amitié et de solidarité. Oui, l’Esprit de Dieu que vous recevez va à contre-courant de l’esprit de compétition, de profit individuel, de vengeance et de domination. L’Esprit de Dieu vous conduit à aider le faible, à relever celui que la vie ou la société écrase, à donner du temps pour Dieu, à rester fidèle à l’amour promis, à tendre la main à celui qui est tombé par sa faute. C’est un Esprit de miséricorde et de fraternité qui nous porte à aimer jusqu’au bout pour témoigner de la fidélité de Dieu. Et c’est à cause de cela que votre foi vous engage sur la voie de l’amour, de la paix et de la vie.

Malheureusement, nous constatons souvent un gros décalage entre ce que nous disons et la manière dont nous vivons. Chaque fois nous refusons de partager avec celui qui n’a rien, chaque fois nous tolérons une injustice, chaque fois nous nous gardons de la rancune contre tel ou tel qui nous a fait du mal. A travers eux, c’est le Seigneur lui-même qui est rejeté et méprisé.

Aujourd’hui, le Christ nous met en garde : il ne suffit pas de professer votre foi. Il faut agir.

Vous allez professer votre foi, vous avez peut-être 12/13 ans. Un âge pas évident ? Il y a juste quelques années, ce que vous vivez là était considéré comme l’âge de la préadolescence, avec encore tous ses rêves et toute son insouciance.

Je ne sais pas, pour vous les adultes, mais moi je garde un bon souvenir de mes 12/13 ans, je vivais, tout court, sans me poser trop de questions et sans me compliquer la vie. Mais aujourd’hui, je crois pour ce qui vous concerne, on peut déjà parler d’adolescence. Vous êtes confrontés déjà très tôt, à beaucoup de situations qui demandent de la maturité, de l’expérience, du recul. Vous êtes souvent des proies faciles, aussi bien pour la publicité que pour la mode. Pour la publicité, avec tous les mirages qu’elle nous laisse entrevoir et tous les besoins artificiels qu’elle nous crée. Pour la mode, avec toutes ses exigences et toutes ses fausses obligations. Beaucoup d’entre vous, par exemple parmi les cadeaux qu’ils recevront aujourd’hui trouveront un Iphone où un ipad. D’autre l’ont déjà reçu pour leur première communion. Mais combien de temps le garderez-vous cet Iphone ? Cinq ans où cinq mois ? Jusqu’à ce qu’il se casse, ou jusqu’à ce que sorte un nouveau modèle ? Et bientôt c’est l’été quels vêtements allez –vous mettre, vous les filles. Vous n’allez pas sortir vos vieux T-shirts de l’année dernière, avec le nombril à l’air, ou vos jeans taille basse, très basse, taille pratiquement genoux ? Tout ça c’est du passé, c’est vieux, c’est archaïque.

Chers jeunes, aurez-vous le courage de vous respectez et de respecter les autres, ou vous ferez comme tout le monde ? En tous cas, tout ça, ce sont quelques exemples pour montrer que vous traverser un âge très riche mais aussi très délicat. C’est un âge où l’ont se sent souvent seul et l’on ne sait pas avec qui parler. Avec ton père ? C’est un vieux fossile. Tu as le sentiment qu’il ne t’écoute pas, et même si de temps en temps s’ il essaye, il ne comprend rien ! Mais ne vous inquiétez pas les pères : c’est par définition que les pères ne comprennent jamais rien aux yeux de leurs enfants ! Et ta mère ? Inutile. Même si parfois elle paraît cool, elle a son éducation et ses principes à elle et elle souffrirait trop d’entendre que tu vis autres choses. Restent les copains. Mais là aussi, on sait que le groupe a ses règles, ses exigences parfois très dures, et que si tu ne t’adaptes pas, alors on te pointe du droit et tu es exclu.

Et voilà, que l’on se renferme en nous-mêmes, avec nos silences, mais aussi avec nos peurs, nos doutes, nos fragilités. On a du mal à croire en nous-mêmes. On a du mal à se faire confiance. On essaye de le cacher derrière des attitudes d’assurance, d’autosuffisance ou de « j’m’enfoutisme », mais parfois, c’est encore pire parce que les autres l’interprètent mal et ils nous prennent pour des petits » caïds ou des petites péteuses ». Et l’on est encore plus mal et encore seul. On a parfois l’impression qu’on ne sera jamais à la hauteur. On est trop timide, ou pas assez intelligent, ou trop sensible, ou pas assez marrant, ou trop coincée, ou pas assez belle, pas assez grande, pas assez mince. Regardez par exemple tous les efforts que vous faites pour rester mince. Une vraie torture, qui nous poursuit même à l’âge adulte. Là, je pense aussi à toutes ses femmes qui deviennent folles pour soigner leur ligne ; elles ont toutes les « courbes » qu’elles voudraient mais jamais au bon endroit ! Ou du moins, à leurs yeux.

Et c’est là, là où vous n’acceptez pas, là où vous avez du mal à vous aimer, à vous supporter, à vous pardonner d’être juste ce que vous êtes, et bien, c’est justement là que le Seigneur vient vous dire, ce matin : « je vous aime comme vous êtes, et je crois en vous ! ». C’est fou hein ? Malheureusement l’histoire quotidienne nous montre les désastres d’un monde qui refuse d’aimer selon l’Esprit de Dieu. Et pourtant dans l’évangile du jour nous venons de l’entendre : Le Christ nous envoie l’esprit de Dieu. Il nous invite à la paix et à la réconciliation, car seul l’amour construit une société fraternelle, seule l’espérance éclaire une route digne de l’homme, seule la foi nous rend libre devant le mal qui nous menace.

Chers jeunes, vous l’avez découvert durant votre préparation en équipe : la joie d’être ensemble et de vivre dans l’amitié, la force de sourire et la joie de prier, cela n’est pas ringard mais donne du souffle à la vie au point d’oser témoigner de sa foi et la partager avec d’autres. Je sais aussi le bonheur que vous éprouvez à préparer votre profession de foi, pour mettre en commun vos raisons de croire et d’espérer. C’est ce que nous allons vivre maintenant avec vous. Vous allez dire en qui vous croyez : Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit. Sachez que si vous ne prie pas, si vous n’en prenez pas les moyens concrets vous êtes complètement à côté. Ensemencez votre avenir par les graines que vous semez chaque jour sur votre route.

Et c’est bien pour cela que la parole de Dieu et la présence de son esprit, sont la chance de vos moissons de demain. Aujourd’hui vous êtes quatorze à prendre cet engagement à proclamer la foi de votre baptême, celui de votre confiance, voilà un signe qui nous montre que vous êtres l’Eglise d’aujourd’hui pas uniquement celle de demain.

Ne l’oublions pas ! La balle est dans votre camp. Sachons vivre de l’Esprit tout en étant déconcertés, émerveillés, illuminés et soyons des témoins, c’est-à-dire des envoyés dans le monde. Interrogez-vous enfin sur le type d’engagement, même minime, mais régulier, que vous pourriez avoir. Apprendre à donner un peu de vous-même gratuitement : « Vous avez reçu gratuitement donnez gratuitement ». Faites de vos vies une vocation et une mission. Ne subissez pas votre vie : accueillez-la chaque jour des mains de Dieu. Ne doutez pas de l’amour de Dieu pour vous ! Il vous réserve une place dans son cœur et une mission dans le monde. Il est vrai ce n’est pas gagner, puisque la tâche semble immense, car elle assume les dimensions de la société et du monde.

Mais n’oubliez pas que, lorsque Dieu appelle, il donne également la force et la grâce nécessaires pour répondre à son appel. N’ayez pas peur d’assumer vos responsabilités : l’Eglise à besoin de vous, elle a besoin de votre engagement et de votre générosité ; aujourd’hui, le Christ vous demande de l’aimer. Tout le reste viendra naturellement. Aimez le Christ, aimez l’Eglise ! Comme il vous aime. Soyons attentifs à ce Dieu Trinitaire, sachons l’écouter par la prière, par la méditation de la parole et par notre participation à l’Eucharistie dominicale. Que cette fête de la Foi soit l’occasion pour nous tous de retrouver la grâce de notre baptême et de remettre dans nos vies l’Evangile du Christ.

Amen

<Diapo1193>

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