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Partir léger pour la mission - l’édito de Laurent le Boulch

Publié le samedi 23 octobre 2010 , par Corentin Penn

Partir léger pour la mission

Évangile selon saint Mar, 6, 7 - 13

Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais, et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n’est un bâton ; de n’avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture.

A ceux qui voudraient découvrir l’Évangile, on conseille assez souvent de lire Marc parce qu’il serait le plus simple et le plus court des évangiles. Le plus court sûrement mais le plus simple, pas si sûr. Chez lui, en effet, la parole est concentrée à l’extrême. Si Marc est le plus court des évangiles c’est que tout est dit chez lui en raccourci.

Ainsi dès les premiers mots de ce passage, en une seule phrase, il est dit de Jésus qu’il appelle et envoie les douze. Difficile de faire plus dense : « Jésus appelle les douze, et pour la première fois, il les envoie deux par deux. »

Voilà qui nous dit que pour être envoyé, il faut d’abord être appelé. On retrouve là le mouvement fondamental de la foi. La foi n’est-elle pas d’abord et essentiellement une réponse à un appel reçu de Dieu. La réponse d’amour à un amour premier reçu de Dieu. Autrement dit on ne s’envoie pas soi-même en mission. On ne vit cela que comme une réponse à un appel.

Si le disciple est appelé par le Christ c’est aussi pour être envoyé. Il est envoyé pour devenir à son tour signe de l’appel de Dieu aux hommes. Signe de l’amour premier de Dieu qui appelle tout homme à lui répondre d’amour. Tout disciple du Christ devait entendre en lui l’appel à se faire témoin de l’amour de Dieu pour ses frères.

Pour vivre cela, conseille Jésus à ses amis, mieux vaut ne pas s’encombrer. Il arrive de temps en temps que des pèlerins de Saint Jacques ou du Tro Breiz fassent halte au presbytère. A soulever leur sac à dos, on devine que chaque gramme compte et que tenir la distance exige de se charger au minimum. Il suffit d’une plume pour casser la branche.

Le signe de l’appel de Dieu ne parle au plus juste que dans un témoignage humble, sans surcharge qui écrase. Tout excès de paroles et de gestes porte atteinte à la justesse du témoignage de l’Évangile. Il y a dans la mission des disciples une profonde exigence d’humilité.

Humilité vis à vis de Dieu. Se tenir dans le respect de Dieu. Ne pas trop parler ou décider à sa place.

Humilité vis-à-vis des hommes. Se tenir dans le respect des frères. Annoncer la foi sans l’imposer. Accepter l’accueil quand il se propose. Ne pas insister quand il se refuse.

C’est dans cet esprit que l’Église universelle appelle à la mission. Pour cela, elle établit des relations entre les Églises des différents continents. Car il s’agit de partir ailleurs. Partir léger jusqu’au plus loin. Le plus loin les uns les autres, car la mission n’est plus en sens unique, de l’occident vers les autres continents, du nord au sud… L’appel et l’envoi des missionnaires de l’Évangile sont devenus réciproques et c’est une grande richesse.

Ainsi avons-nous la chance, vieux bretons de chez nous, de nous laisser évangéliser par des prêtres, les abbés Pierre et Edgard, appelés par leurs jeunes Églises d’Afrique à venir annoncer l’Évangile parmi nous.

Puisse la semaine missionnaire mondiale qui se prépare du 17 au 24 octobre nous permettre de cultiver entre nous le goût de l’échange entre Églises pour renforcer en tous le sens de la mission.

P. Laurent Le Boulc’h

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