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Paroisse de Pleumeur Bodou
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(469)L espoir jaillit du rire d un enfant
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(242)Le seigneur regarde le terre, elle tremble, Il touche les montagnes, elles fument !
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(276)Sur le pays de l ombre une lumière s est levée
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(476)En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu.
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Message de Laurent Le Boulc’h aux paroissiens de Lannion et Pleumeur-Bodou

Publié le mercredi 2 octobre 2013 , par Robert Gautheret

Lannion, le 5 septembre 2013

Chers paroissiens, mes amis,

Je me souviens quand j’arrivais chez vous, il y a déjà 8 ans, si heureux en mon cœur de partager votre vie.
Je me souviens de la chaleur de votre accueil dans les paroisses de Lannion et de Pleumeur-Bodou. Dès cet
instant, je vous ai aimés.

Très tôt, nous avons voulu ensemble nous avancer sur les chemins de l’Evangile, et, pour cela, transformer
ce qui était appelé à changer dans nos manières de vivre l’Eglise. C’est ainsi que nous nous sommes
engagés avec courage et enthousiasme dans la réforme de la catéchèse, de la formation, de la pastorale
des funérailles ou de la pastorale des jeunes. Nous avons œuvré pour mieux servir la liturgie et imaginer
des temps de ressourcement conjuguant l’art et la foi. Grâce à nos frères prêtres venus d’Afrique, nous
nous sommes ouverts aux peuples du monde. En tout cela, c’est la fraternité et la vitalité de l’Evangile dont
nous avons voulu être les témoins. Ces huit années ont passé très vite. Je vous dois ma joie.

Je m’apprêtais à poursuivre cette année avec vous, consolidant ce qui a été entrepris, quand un appel
téléphonique de la nonciature à mon retour de vacance m’a bouleversé. Il m’a fallu des jours pour m’en
remettre. Le Saint Père, le pape François m’appelait à servir l’Eglise dans le beau et exigeant ministère
épiscopal. En dépit de mes faiblesses, celles que vous connaissez et celles que je sais, je ne voyais pas
comment je pouvais refuser, moi qui ai toujours fait confiance en l’appel de l’Eglise que je reçois comme un
signe de Dieu. Avec beaucoup de craintes et d’humilité, j’ai répondu oui.

Je vous quitte le cœur lourd, lourd de tristesse parce qu’on ne se sépare pas de ses amis sans peine, parce
qu’on ne laisse pas une communauté bien aimée sans larmes. Mais, mon coeur est lourd aussi du poids de
l’amour de Dieu dont il veut se laisser remplir, et déjà, de la vie de l’Eglise à servir dans le diocèse de
Coutances et d’Avranches que j’apprendrai humblement à conduire et servir au nom du Christ Jésus.

Chers paroissiens, chers amis, à vos côtés, j’ai beaucoup appris. Le ministère de curé est souvent aux
premières loges quand il s’agit de partager la vie de ses contemporains. C’est un ministère passionnant que
de contribuer à façonner une communauté de croyants pour qu’elle soit signe d’Evangile au milieu des
hommes.

Je veux vous remercier de m’avoir souvent ouvert les yeux sur la vie des hommes et des femmes
d’aujourd’hui. Vous remercier pour la confiance qui vous a animés et que vous m’avez donnée. Au cœur de
notre histoire, comme me l’a confié l’une d’entre vous, nous avions cette conviction partagée que la vie de
l’Eglise n’est pas d’abord et seulement affaire d’organisations et d’initiatives mais, avant tout, le lieu d’une
expérience spirituelle, celle de la présence du Christ Jésus, mort et ressuscité, qui chemine avec nous et
nous transmet sa joie.

Pendant ces huit années, des frères prêtres ont œuvré avec moi. Chacun, dans l’originalité de sa
personnalité et de son charisme, s’est attaché à porter fraternellement la vie de nos communautés. Je les
remercie pour la belle communion dont nous avons été le signe le plus souvent. La fraternité des prêtres
fait partie du témoignage de l’Eglise.

Je rends grâce aussi pour le ministère des diacres qui m’ont soutenu dans le signe du service et pour le
témoignage spirituel des communautés religieuses de Lannion et de Pleumeur-Bodou dont j’ai pu apprécier
la force du charisme pour aujourd’hui.

Je pense encore à tous les collaborateurs laïcs, si nombreux et si actifs, dans des domaines
extraordinairement variés. Ensemble, nous sommes la beauté de l’Eglise du Christ. Je ne veux oublier
personne tant la présence de chacun et de chacune est significative d’une Eglise Corps du Christ, mais
permettez-moi de souligner l’expérience originale et féconde de la collaboration avec les différents
coordinateurs laïcs et les EAP qui se sont succédés à Pleumeur-Bodou ou Lannion, que j’ai eu joie
d’accompagner.

Je remercie sincèrement tous ceux et celles qu’il m’a été donné de croiser dans la terre si attachante du
Trégor. Ils ne sont pas tous nécessairement membres de l’Eglise, mais ils prennent une part active dans la
construction du monde. Je pense notamment aux responsables politiques, associatifs, culturels,
économiques et sociaux. Il nous est arrivé de nous tenir côte à côte à l’occasion d’événements heureux,
mais aussi parfois, d’événements graves qui nous ont marqués. J’espère avoir pu témoigner de mon désir
de favoriser la collaboration avec tous dans le respect des prérogatives de chacun.

Les mois qui viennent vont peut-être paraître difficiles. La soudaineté de l’appel entraîne des turbulences.
Je pense en particulier à mes frères prêtres Edgard et Guillaume et Yann, à ceux et celles qui s’apprêtent à
démarrer leur mission, qui vont connaître une période d’incertitudes. J’ai conscience que leur travail à tous
risque de s’en trouver, au moins au démarrage, plus lourd et compliqué. Gardons confiance, et ne doutons
pas que Mgr Denis Moutel avec son équipe épiscopale voudra donner un nouveau pasteur à nos paroisses.
Cette nouvelle étape demande que tous se montrent solidaires. Par-dessus tout, j’aimerais que mon départ
du Trégor ne provoque ni découragements, ni démissions, mais, au contraire, qu’il soit comme un levier
pour stimuler chacun et chacune dans la part de l’œuvre évangélique qu’il doit accomplir au service de
tous.

Mes pensées se tournent aussi vers le diocèse de Saint Brieuc et Tréguier, dans la communion de l’évêque
et des prêtres, que j’ai tant aimé servir. Je prie Dieu pour qu’il continue d’insuffler en lui le souffle de
l’Esprit. Que le dynamisme de la foi ne cesse de s’exprimer en lui.

La vie qui désormais vous attend et m’attend, nous la confions dans la prière au Père de Jésus. Que son
Esprit d’amour et de paix abonde en nos cœurs. Que Saint Yves soit notre compagnon et que Marie nous
accompagne dans sa bienveillante tendresse sur nos chemins bretons ou normands.
Kenavo !

P. Laurent Le Boulc’h
Évêque nommé de Coutances et Avranches

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