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Paroisse de Pleumeur Bodou
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Mercredi des Cendres (22 février 2012)

à l’église St Marc de l’Ile Grande

Publié le jeudi 23 février 2012

"Trois attitude de tout l’être :
L’aumône ouvre le coeur et les mains vers les autres.
La prière dirige le coeur et joint les mains vers Dieu.
Le jeûne aide à ne penser qu’à Dieu et à tendre les mains aux frères."  [1]

Homélie du Père Laurent le Boulc’h

Aujourd’hui commence pour l’Eglise le temps du carême, notre marche vers Pâques. Nous allons nous soutenir les uns et les autres pour entrer en conversion, c’est-à-dire nous montrer disponibles à changer quelque chose dans nos vies pour mieux accueillir le Christ Ressuscité.

Dans le passage de l’Evangile que nous venons d’entendre, comme chaque année dans la liturgie du mercredi des cendres, Jésus encourage ses disciples à pratiquer les trois exercices spirituels recommandés dans la plupart des religions : le jeûne, la prière et l’aumône.

Mais ces pratiques religieuses peuvent être détournées de leur sens. L’Evangile se méfie des pratiques religieuses superficielles qui n’engagent pas vraiment tout l’être, le corps, le cœur et l’esprit. Et Jésus critique durement ceux qui n’observent ces exercices que pour mieux se faire valoir aux yeux des hommes. Jésus rappelle alors à ses disciples la véritable finalité du jeûne, de la prière et de l’aumône. « Si vous voulez vivre comme des justes » commence-t-il par dire. Tel est l’unique but visé par les exercices spirituels : aider les hommes à vivre comme des justes. Le Christ invite ses disciples à laisser grandir en eux le désir de vivre comme des justes.

Vouloir vivre comme des justes. S’il n’y a pas ce désir en l’homme, les exercices religieux ne servent à rien. Sans la volonté de devenir plus justes, la pratique du carême ne sert à rien.
Au commencement de notre carême, l’Evangile nous pose cette même question : où en sommes-nous de notre désir de vivre comme des justes ? Cette volonté nous habite-t-elle vraiment ? Si ce désir n’est pas là, les exercices de l’aumône, du jeûne et de la prière risquent de n’être que des pratiques extérieures qui ne changeront pas vraiment le fond de notre être.

« Vivre comme des justes » cette expression de Jésus est chargée de résonance biblique. La Bible parle souvent des justes. Abraham, Jacob, Tobie ou Joseph sont des hommes justes aux yeux d’Israël. Ils sont justes parce qu’ils ont vécus ajustés à ce que Dieu attendait de leur vie d’homme. Ils se sont conformés à la volonté de Dieu. Ils se sont laissé inspirer par sa Parole. Ils ont vécu en recherchant sans cesse à mettre en pratique la volonté de Dieu. Leur vie s’en est trouvée transformée.

Vivre accordés à Dieu voilà le but qui nous est indiqué en ce carême. _ _ Vivre accordés au désir de Dieu pour l’homme. Frères et sœurs, au commencement de ce carême, nous sommes appelés à laisser grandir en nous le désir de vivre accordés au désir de Dieu pour nous. Vivre accordés à Dieu c’est retrouver le chemin d’une vie d’Alliance avec Dieu. _ C’est pourquoi, tout au long des dimanches de ce carême en cette année B, nous méditerons les grands textes de l’Alliance biblique.

Jésus est le plus grand des justes, le juste des justes. Aucun homme n’a conduit sa vie d’une manière aussi accordée au désir de Dieu. A chaque instant de sa vie, Jésus a vécu dans la fidélité totale à la volonté de son Père. Il a vécu en alliance avec son Père dans l’Esprit. A cause de cela, le Christ est devenu notre chemin, notre vérité et notre vie.

Vivre comme des justes ce sera pour nous vivre à l’image du Christ. Nous décider à suivre ses pas. Monter vers Pâques avec lui. Faire de notre vie une Pâques, un passage vers Dieu et vers nos frères.

Pour vivre comme des justes, l’Eglise nous invite à pratiquer l’aumône, le jeûne et la prière.

Il ne s’agit pas ici de faire dans l’héroïsme, le culte de la perfection ou la démonstration de force. Toute la tradition des prophètes dans laquelle s’inscrit Jésus se démarque de cela. Au contraire, les trois piliers du carême que sont l’aumône, le jeûne et la prière sont une invitation au dépouillement. Ils sont un travail d’écoute et d’accueil de Dieu et du frère. Car ce sont eux qui nous rendent plus justes.
L’aumône, le jeune et la prière son liés ensemble. Ils prennent sens l’un par l’autre. Le temps du jeûne prend tout son sens quand il devient prière et partage pour nos frères.
C’est à chacun d’imaginer à quel jeûne il est appelé. On pense souvent à la consommation de tabac, d’alcool, mais cela peut concerner aussi internet ou facebook ! … Tout ce qui en fait pèse trop et encombre nos vies, alourdi notre marche. Il est un autre domaine d’abstinence et de jeûne auquel nous pensons plus rarement et qui pourtant nous concerne au quotidien. Pourquoi ne pas entrer dans la conversion évangélique par un jeûne et une abstinence de paroles ?

Un jeûne de paroles. Se délimiter un temps où l’on fera silence. Ne plus ouvrir la bouche pour mieux écouter une Parole, la Parole de Dieu, l’Evangile. Lui accorder toute la place en nous. Le vivre comme un beau moment de prière silencieuse. 

Chacun peut vivre ce moment seul chez lui, dans la nature ou dans une église. Il peut rejoindre aussi la prière silencieuse de l’Eglise dans l’adoration de Jésus Eucharistie. Dans notre monde saturé de bruit et de mots, c’est une vraie grâce donnée que de faire l’expérience du silence prolongé, habité dans la prière.

Une abstinence de paroles. Se débarrasser des mots inutiles. Taire en nous les paroles de jalousie ou de mesquinerie. Les paroles qui sèment la zizanie, les paroles orgueilleuses, les médisances et les calomnies. Bâillonner les petits commérages qui font parfois tant de ravages dans nos relations, y compris dans l’Eglise.

Un jeûne et une abstinence de paroles. Je ne doute pas qu’un carême vécu de cette manière apportera un surcroît de paix et de réconciliation dans nos maisons, nos bureaux ou nos usines, nos écoles. Dans nos églises aussi car la communauté des chrétiens a elle aussi besoin d’entrer chaque jour dans la conversion au Christ mort et ressuscité pour nous dans la Parole qui nous sauve.

Pour le vivre ensemble, comme chaque année, la paroisse vous propose plusieurs rendez vous. Je pense particulièrement à trois initiatives : une conférence avec Michel Cool, une soirée pour échanger sur la fraternité dans la dynamique de Diaconia, une célébration d’adoration et de pénitence. Soyons fidèles à ces rendez vous qui nous aideront à vivre davantage comme des justes au regard de Dieu.

Frères et sœurs, nous allons dans un instant recevoir le signe des cendres, qu’il soit ce soir l’expression sincère de notre désir de marcher à la suite de Jésus. Qu’il nous entraîne ensemble en ce temps de carême à vivre comme des justes à la ressemblance du Christ Ressuscité, Lui qui nous montre le chemin de l’aumône, du jeûne et de la prière. Amen.


Notes

[1Prions en Eglise février 2012

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