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et la nuit à la nuit en donne connaissance. 

Psaume 19.
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Les malades indésirables

Publié le mercredi 4 février 2015, mis a jour le jeudi 28 janvier 2016 , par Robert Gautheret

Les malades indésirables

Dans le livre d’E.M.Schmitt, Oscar, dix ans, atteint d’une leucémie, ne peut que constater la distance qui s’établit peu à peu entre son entourage, le médecin et lui : « J’ai appris que je suis devenu un mauvais malade, un malade qui empêche de croire que la médecine, c’est formidable. » Plus loin, Oscar dit : « J’ai l’impression d’être un monstre. Pourquoi est-ce que je les terrorise ? Je suis si moche que ça ? Je pue ? Je suis devenu idiot sans m’en rendre compte ? » Cela peut nous interpeller sur la façon dont nous percevons les personnes malades.

Qu’est-ce qu’un malade idéal ? Quelqu’un de jeune, beau et en bonne santé ? Ou quelqu’un de malade, du moment qu’il soit sympa, qu’il ne fasse pas de bruit et qu’il paie ses frais médicaux ? Ou encore quelqu’un qui suscite la compassion ? A moins qu’il soit le bon cas croustillant dont on peut parler entre collègues ou lors de soirée entre amis ?

Et qu’en est-il pour le mauvais malade ? Est-ce celui qu’on n’apprécie pas ? Celui qui nous fait ressentir de la répulsion, de la haine ou de la peur ? Ou encore quelqu’un de violent ou qui ne guérit pas même s’il suit tous ses traitements à la lettre ?

Toutes ces situations montrent qu’il n’y a pas une catégorie de malades indésirables (par exemple nous pourrions penser que tous les alcooliques font partie de cette catégorie). En y regardant de plus près, un malade n’est jamais indésirable par lui-même. Il l’est toujours pour nous, car il ne répond pas (ou plus) à nos attentes, à nos projections. C’est encore celui qui grippe les rouages d’une institution (une communauté chrétienne, un établissement de santé,...).

Dans les évangiles, nous pouvons trouver bon nombre de malades indésirables : l’homme enchaîné (Mc 5,1-20), rejeté par les habitants de son village (en particulier par les porchers), ou bien l’homme blessé (Luc 10, 25-37) pour qui ni le prêtre ni le lévite n’ont pris le temps de s’arrêter à ses côtés pour prendre soin de lui.

Une valeur forte que nous pourrions partager (que ce soit dans nos aumôneries ou dans nos communautés chrétiennes paroissiales) est l’accueil inconditionnel de l’autre. Mais n’est-ce pas une double illusion ? Ce serait dire, d’un côté, que tout patient est désirable et, de l’autre, que nous sommes capables de tout supporter. Or nous ne sommes pas tout-puissants. Nous pouvons ressentir de la culpabilité ou de l’épuisement face à une personne malade. Des personnes qui sont devenues les aidants de leur conjoint peuvent en témoigner. Nous avons tous un seuil de tolérance.

La démarche éthique que nous avons tous à faire est, à la fois de prendre en compte ces limites et, en même temps, d’accueillir, d’aimer notre prochain quel qu’il soit, y compris le malade que nous ne considérons pas comme désirable.

Il ne s’agit pas par là de tout faire (le bon Samaritain n’a pas tout fait pour l’homme blessé, n’a-t-il pas, en effet, passé le relais à l’hôtelier ?) ou de ne rien faire (à l’exemple du prêtre et du lévite qui ont passé leur chemin sans s’arrêter auprès de cet homme à terre). Il nous revient de trouver que faire au mieux au service de notre prochain, en tenant compte de nos fragilités.

A l’occasion du Dimanche de la santé, dans chacune de nos communautés chrétiennes, nous pourrions réfléchir à la façon dont nous prenons soin des personnes malades et aussi de nous-mêmes.

Gaël Droumaguet
prêtre, aumônier à l’hôpital de Lannion

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