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Paroisse de Pleumeur Bodou
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(292)Je prends les ailes de l aurore, je me loge au plus loin de la mer ; même là, ta main me conduit.
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(257)Je dormais et je rêvais que la vie n était que Joie. Je m éveillais et je vis que la vie n est que service ? Je servis et je compris que le service est joie !!
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(277)Nul n est trop loin pour Dieu.
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(250)Le Père aime le Fils et il a tout mis dans ses mains. 

Celui qui croit au Fils a la vie avec Dieu pour toujours. 

Celui qui refuse de croire au Fils ne verra pas cette vie, mais la colère de Dieu restera sur lui
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Les chrétiens d’orient et le printemps arabe

Publié le mardi 14 août 2012

« CULTURE & FOI »
Pour la 4ème année consécutive, cet été, l’Équipe Pastorale a proposé et propose jusqu’au 22 aout un cycle de 4 conférences et 3 échanges à la salle WEILLANT, rue de Kerariou, près de la Maison Paroissiale à TRÉBEURDEN.

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Jeudi 19 juillet 2012 : « Les chrétiens d’Orient et le printemps arabe » par le Père Jean-Jacques PÉRENNÈS, Dominicain, directeur de l’Institut dominicain d’Études Orientales, du CAIRE, observateur du monde arabe depuis 20 ans, au Caire depuis 12 ans.


Sujet d’actualité, important, depuis un an et demi, nous recevons des nouvelles quotidiennes du monde arabe. Il s’y passe un changement profond, extrêmement intéressant et passionnant. En même temps cela suscite des craintes légitimes ou non, parce qu’il se dit qu’ici ou là, dans tel ou tel pays, des partis islamistes s’apprêtent à prendre ou sont déjà au pouvoir.
Une des craintes est de savoir si les minorités chrétiennes ne vont pas faire les frais de la montée des partis islamistes.
Dans la presse occidentale, tonalité assez pessimiste, pour pas mal de gens le printemps est déjà devenu l’hiver. La cause est entendue.
Pareil pessimisme n’aide pas à comprendre.
Le témoignage fort de J.J PÉRENNES invite à prendre du recul, s’informer, analyser, éviter les réactions passionnelles, épidermiques, sentimentales qui n’aident pas à comprendre.

I - qu’est ce qu’on entend par printemps arabe ?
Mettre le pluriel : «  des printemps arabes ». Contextes très différents dans chaque pays. Vraie lame de fond, transformation très profonde des sociétés du monde arabe.
Mouvement profond qui peut se lire à deux niveaux :
1- fin d’une période de 50, 60 ans, de 1960 à 2010.
Les pays du monde arabe ont alors vécu dans un certain nombre de régimes, nationalistes, avec des idéologies très fortes d’indépendance nationales, socialistes pour certains, pas tous.
On est passé de régimes où il y avait un tonus, avec des leaders d’envergure, à des régimes qui avaient en commun d’être devenus très répressifs.
Passage de l’état-nation à l’état-butin.
L’enrichissement massif d’une oligarchie, de ses affidés, de tous les gens qu’elle nourrissait, a créé un écart gigantesque de fortunes avec la masse du peuple, dont le niveau de vie a un peu augmenté.
Et en plus, de la répression et la corruption, le système du parti unique a supprimé le débat politique. Il y a un parti qui pense pour tout le monde. Ses membres détiennent tous les postes importants de la vie politique et de la vie administrative. Pas question d’être gouverneur, Préfet si l’on n’est pas membre du parti du Président.

Premier constat : usure des régimes, ceux qui les portaient n’avaient plus l’envergure de leurs prédécesseurs.

2- la jeunesse.
Pays jeunes, souvent plus de 60% de la population a moins de 20 ans.
Jeunesse qui même si elle est musulmane, même s’il est islamiste, est dans la mondialisation. Facebook, ordinateurs, téléphones portables, les jeunes sont sur le net, regardent les chaînes que tout le monde regarde à travers le monde. Ils sont dans le système mondialisé. Ceci amène d’autres valeurs, d’autres références, qui mettent en crise les sociétés traditionnelles. Quand les nouvelles du pays racontent n’importe quoi, un jeune tunisien ou un jeune égyptien le sait tout de suite.

Ces facteurs politiques, culturels, expliquent que « ça ait craqué ». Prévisible, sans connaître le moment. Ce qui est étonnant, c’est que cela ait craqué très vite.

Ces régimes monopolisaient le pouvoir politique et diabolisaient en face, les prétendus opposants. Du coup, plus de débats politiques, rien entre les deux.

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L’Égypte avait une tradition politique, avec des partis, or il n’y avait plus de jeu politique.
Des faits intéressants apparaissent :
- les Frères Musulmans, interdits depuis 80 ans, crée un parti politique, le Parti de la Liberté et de la justice (PLJ) en avril 2011.
- le pays s’organise, des élections législatives, fin 2011, portent au pouvoir une coalition : 47% de Frères Musulmans –pas une surprise, seul parti organisé- Les islamistes modérés font 5%, ce qui a beaucoup surpris ce sont les Salafistes qui font 24%.

Certes toute une année de cafouillage.
Pouvoir remis à un Conseil Suprême des Forces Armées, groupe de 18 généraux, qui engage une réforme de la constitution népotique.
Réforme limitée de la constitution, référendum rapide, la Constitution reste à écrire.
Aujourd’hui, en Égypte, forte majorité islamiste au Parlement. Mais le Parlement a été dissous par la haute Cour Constitutionnelle, fin juin 2012. Les militaires -puissants, avec de gros intérêts y compris économiques- gardent la main. Officiellement ils ont transmis le pouvoir au Président Morsi, islamiste élu. Comme la Constitution reste à écrire, on ne connait pas bien les attributions du Président. La magistrature a son mot à dire sur l’évolution de la vie politique du pays.

Transformation profonde de ces sociétés. On est passé de la problématique de la libération du colonialisme, du développement, problématique collective, à une problématique de la liberté du sujet. Les islamistes veulent eux aussi cette liberté, or la question de liberté du sujet individuel, c’est un thème de la modernité.

Cela va être compliqué. C’est très bien que tous, même les extrémistes s’expriment. Cela permet de voir, de discuter. Rien à voir avec avant.

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J.J PÉRÉNNÈS est confiant, pour lui l’avenir est ouvert. C’est, ce sera compliqué, long, « on a le temps ». Ère de Liberté, pagaille totale, grand bazar, mais c’est « assez sympa ».
À Vieux Marché on va célébrer avec de vieux amis musulmans, gens pieux, sincères estimables avec qui la vie est agréable.

Petite clarification du vocabulaire occidental :
1- On peut être musulman sans être islamiste.
Islamiste c’est quelqu’un qui pense que l’islam doit régir tout dans la société, la vie politique etc….je connais plein de musulmans qui ne pensent pas cela, qui pensent que l’islam est une religion du cœur, de l’intérieur, avec Dieu, etc…
Un musulman n’est pas forcément un islamiste.

2- Un islamiste n’est pas forcément un salafiste.
Salafiste c’est quelqu’un qui estime que la religion s’est corrompue au fil des siècles, et qu’aujourd’hui, ce n’est pas bien, avant c’était mieux ! Les salafistes n’étaient pas en politique, considérés comme simple groupe religieux, Moubarak les avait laissé s’installer en Égypte, estimant que hors du champ politique, ils pouvaient grignoter sur l’électorat des Frères musulmans considérés comme dangereux.
Trois mois après la chute du Président Moubarak, les salafistes créent un parti politique et font 24%, stupeur, personne n’avait prévu cela.

3- Un salafiste n’est pas un djihadiste.
Djihadiste, comme le petit MERAH, c’est quelqu’un qui pense qu’il faut détruire ce qui fait du mal à l’islam, il faut poser des bombes, il faut purifier la société.

Important de ne pas tout mélanger : un musulman devient vite un djihadiste ou un terroriste dans la tête de beaucoup de gens, or ce n’est pas le cas.

II - qui sont ces chrétiens d’Orient ?

Se rappeler que ces chrétiens d’Orient sont devenus Chrétiens très longtemps avant nous, les gaulois.
Ce sont des églises anciennes, apostoliques – Marc en Égypte, Thomas en Irak - groupées autour de patriarcats, qui sont arabes, de langue, de culture. Les Musulmans sont arrivés après, longtemps après le christianisme.
En Orient, les chrétiens n’ont pas de comptes à rendre, ils sont chez eux.
Le fait qu’ils soient de langue arabe, dans des sociétés où l’arabisation a été colorée par l’islam fait qu’ils ont quelque chose d’intime avec la culture musulmane.
Patriarche Grégoire III, Patriarche de l’Église grecque catholique, dit : « Nous sommes l’Église, aidez-nous à être les Chrétiens de l’église des arabes et de l’église de l’Islam. »
Message très fort d’un homme remarquable.
Donc des églises vraiment autochtones, des églises anciennes, de langue et de culture arabes, qui ont une extraordinaire richesse, un patrimoine culturel extrêmement riche.
Évidemment il y a un émiettement, très vite chaque église s’est développée selon sa propre logique.

Il y a eu les fameuses querelles christologiques du IVème, Vème siècle, les débats autour des deux natures du Christ.
Certaines églises, comme les Coptes orthodoxes d’Égypte, se sont séparés du rameau occidental, en restant monophysite i.e. ne reconnaissant qu’une seule nature au Christ Jésus. Si le Christ est vraiment Dieu, il ne peut être un vrai homme. Il s’est incarné mais sa nature humaine est comme absorbée par sa nature divine…Il y a eu toutes sortes de débats.
Des églises locales se sont constituées.
Les Nestoriens, l’église d’Irak, au 18ème se rapprochent de Rome et sont devenus les Chaldéens. Les Coptes sont les chrétiens d’Égypte. Les Maronites au Liban, les Syriens catholiques, les Arméniens catholiques et orthodoxes, il y a toutes une mosaïque d’églises mosaïque d’églises, 7 ou 8 églises orientales.

Chacune a développé des trésors, dans la liturgie par exemple
Ici, on regarde sa montre, mais dans une liturgie grecque catholique, au bout de 2 heures, on n’a pas vu le temps passé, tellement c’est beau ! Une alternance des chants en langue arabe, en langue grecque, il y a des rites, de l’encens, des icônes, des processions….on en rajoute un peu… l’église grecque catholique s’appelle l’église melkite, melkite vient du mot malikeia, empire, c’est l’église impériale de Byzance. C’est la grande tradition byzantine, splendide ! On ne peut le faire tous les matins, peut-être, mais c’est un vrai patrimoine !

Grand patrimoine patristique aussi, Saint Éphrem, Saint Jacques de Carouge. Très grande tradition de textes poétiques, beaux. Ici, on lit saint Augustin, saint Bernard, nos pères de l’église d’occident. Il y a une richesse du patrimoine patristique des églises d’Orient dont on n’a pas idée ici. Cela aussi est un trésor !

Des manières de faire différentes. Dans les églises d’Orient le mariage de prêtres, n’est pas une question, chez les catholiques. Chez les orthodoxes souvent il faut être marié pour être prêtre. Ils partent de l’idée qu’il faut d’abord faire ses preuves dans le gouvernement d’une famille, avant de savoir si l’intéressé est capable de gouverner une communauté chrétienne. Ce n’est pas bête après tout ! Les catholiques ont laissé la liberté, c’est bien et cela se passe très bien ! Il y a un choix et on n’en fait pas une histoire. Le mariage des prêtres est optionnel, ils choisissent selon leur sensibilité, leur tempérament et cela ne fait pas d’histoire.

Ces églises ont un patrimoine extêmement intéressant.

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L’Église d’Égypte
Plusieurs particularités. Elle est Orthodoxe massivement, depuis le Vème siècle ; Il y a 200 000 catholiques, 7 ou 8 millions d’orthodoxes.
Elle a des choses qui sont à elles, par exemple le monachisme est né en Égypte, saint Antoine le grand, saint Pacôme, tous ces pères du désert qui ont donné naissance au monachisme.
Le christianisme copte, c’est un christianisme des monastères. Tout chrétien a son père spirituel dans un monastère.

Christianisme marqué par le monachisme, où l’on repère, à la fois, de la vitalité et de la fragilité.

Vitalité  : les chrétiens sont extrêmement convaincus, militants, motivés, très actifs dans leurs paroisses, les jeunes font plein de choses… Les liturgies sont longues, le prêtre ne peut chanter pendant 2 heures, il y a des Diacres. Des quantités de Diacres, ils savent tout par cœur ! C’est à qui donnera la réplique, qui chantera le mieux, le plus longtemps…
Il y a de la vie, les églises sont vivantes

Fragilité  : parce que minoritaires, les chrétiens représentent 10% de la population. En Égypte c’est le plus grand groupe de Chrétiens d’Orient. Quand on est une minorité, on peut être persécuté.
En Égypte ce n’est pas le cas.
Parfois incidents regrettables. Il s’agit plutôt de discriminations, il sera pratiquement impossible de faire élire un député chrétien, arriver à 50% dans une élection démocratique, c’est impossible.
L’ancien régime n’empêchait pas ces heurts. Dire que la dictature était un paravent contre l’islamisme ! C’est une idée reçue à laquelle il faut tordre le cou ! C’est faux, les chrétiens avaient quantité d’ennuis, et les personnes coupables de ces agressions n’étaient pas jugées ! Les chrétiens ne regrettent pas du tout ce régime !

Autre fragilité : le risque de la mentalité de ghetto ! Parce que minoritaires, pas à l’aise, on se replie entre soi, on raconte de mauvaises histoires, tout le monde se met à y croire etc…
C’est un peu ce qui se passe en Égypte, et c’est dommage, l’avenir est vraiment ouvert, il y a des cartes à jouer.
Les chrétiens ont tendance à se replier, à se plaindre, ils sont beaucoup entraînés à cela par les diasporas.
Beaucoup de chrétiens d’Orient ont émigrés au cours des siècles, ils ont commencé au temps des Mamelouks, il y a fort longtemps, puis sous l’empire Ottoman, ensuite il y a eu des vagues d’émigration successives. Les Chrétiens palestiniens à cause de la politique de l’État d’Israël sur leur territoire, les libanais à cause des guerres civiles, en Irak les événements récents… des chrétiens ont fui, donnant naissance à des diasporas extrêmement nombreuses.

À San Diego, en Californie, à Detroit, il y a un évêque chaldéen. Il y a des paroisses chaldéennes ; des dizaines de prêtres chaldéens, des milliers de fidèles chaldéens.

Ces Églises de la diaspora ont tendance à dramatiser la situation de ceux qui sont restés. Peut-être pour se disculper. On dresse – sur les sites coptes orthodoxes - des tableaux sinistres, apocalyptiques, qui ne correspondent pas à la réalité. J.J Pérénnès n’y reconnaît pas l’Égypte où il vit. Il sort, tous les jours, parfois en habit religieux, conduit sa voiture, sans problème.
Les diasporas font partie du paysage. Très présentes aux USA, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, un peu en Suède, en France.

Sujet riche que celui des chrétiens d’Orient.

III - Quel avenir pour les chrétiens d’Orient ?

Quel avenir du printemps arabe pour eux ? Rouleau compresseur que l’application de la charia, qui va les broyer et les inciter à rejoindre la diaspora ? ou opportunité ?

La Charia, que signifie ce terme ?
D’où vient cette peur de l’installation de la loi musulmane, de femmes voilées, de vendredis matins où un bourreau coupe les mains des voleurs….

J.J Pérénnès invite à corriger cette vision. Certes l’application stricte de la charia peut se constater en Arabie Saoudite, état jeune, pays de bédouins, ou dans telle ou telle portion de pays, nord du Nigéria, un peu en Somalie ou en Iran.

La Charia n’est pas un corpus juridique, qui va se substituer au droit positif.
La Charia c’est une manière de dire le droit, une façon de répondre, au cas par cas, de régler les problèmes du moment, en fonction des principes de l’islam.
On peut être critique à l’égard de cette façon de faire, apparemment non encadrée dans un système juridique clos.

En 1970, le président Sadate a fait inscrire dans l’art. 2 de la Constitution, que la loi musulmane était la source du droit.
Cela n’a pas changé la vie quotidienne, notamment celle des étrangers en Égypte. Il y a toujours des juristes, des tribunaux, cela peut déraper, comme partout.

Quel avenir pour les Chrétiens en Égypte ?

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Beaucoup font partir leur famille, mais cela entraine des pertes de leur environnement.
Le risque le plus grand c’est l’exil intérieur.
Comme dans une famille, certains ne parlent plus aux autres, restent dans leur coin.
Des petits clans se constituent dans un groupe social.
Vrai risque alors qu’il s’agit d’un moment historique à ne pas rater.

Le Synode d’oct. 2010, invitation à la communion et au témoignage

Tarek Mitri, ancien ministre libanais qui dit
«  En Égypte, les droits des coptes sont revendiqués avec force et acuité sur la scène publique. Leurs incertitudes ne justifient plus un repli communautaire sur soi, mais appellent une active affirmation citoyenne de soi. Ces incertitudes ne se limitent plus aux chrétiens. Des voix musulmanes s’élèvent pour dire que les appréhensions des chrétiens sont en grande partie partagées par l’ensemble des concitoyens. »

L’appréhension des chrétiens est partagée par l’ensemble des concitoyens

Voie ouverte à des choix pluriels, dans l’esprit de la Nahda. Sortir du narcissisme communautariste, de la « peur de disparaître », pour vivre le « risque d’exister » !

Aujourd’hui, il y a ce qu’on appelle en théologie un « kaïros », un moment historique où quelque chose devient possible, qui est la citoyenneté !

Malheureusement, on a un certain nombre de patriarches d’évêques orientaux, qui sont incapables de penser cela. Le patriarche Emmanuel DELHI qui est le patriarche des chaldéens d’Irak, a fait des tentatives pour créer un territoire chaldéen. Qu’est ce que cette histoire ? être chaldéen c’est avoir une religion même en Irak.
Certes l’Irak est un peu traversé par ses fractures entre Chiites, sunnites et kurdes etc. mais l’Irak est un pays qui existe, qui était un pays moderne avant que les américains ne le détruisent.
J’ai beaucoup fréquenté l’Irak pendant quinze ans et j’ai vu le dégât considérable qu’on y a fait – donc parler de nation chaldéenne, c’est monstrueux.

Le défi c’est la citoyenneté, c’est être ferment, c’est être levain dans la pâte, ce qui suppose plusieurs choses.
D’abord plus de spiritualité : j’ai été très frappé, très touché, par le dernier message de carême qu’a fait le patriarche Michel Sabbah ? Palestinien, patriarche de Jérusalem qui avant de quitter sa charge a fait un discours très très beau : voilà, les chrétiens sont un tout petit reste en Israël, mais au fond, est-ce que ce n’est pas notre vocation d’être petit, est-ce que ce n’est pas cela qui est au cœur depuis le Christ, d’être petit et d’être là, chaleureusement positivement activement. «  La contribution la plus importante que nous, comme chrétiens, pouvons apporter ; c’est celle de la charité dans ses différents aspects sociaux, la charité d’accepter la diversité de l’autre et la charité de coopérer entre nous et avec l’autre ».
Deuxièmement, je pense qu’il faut se mettre dans la bataille, il faut y aller, il faut travailler.
Quand je vois par exemple des œuvres sociales qui ne se font que pour des chrétiens : qu’est-ce que c’est que ce truc ? ou, que pour des musulmans !
Les chrétiens doivent être capables d’être les premiers qui tendent la main, qui réalisent des choses avec d’autres, qui montrent que la fraternité est possible.

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Moi j’ai des amis musulmans qui sont des frères, qui prient pour moi et qui me disent « on prie pour toi » et moi je fais pareil. C’est à dire qu’entre nous, il y a une profondeur de liens extrêmement forte.
Je pense que les chrétiens d’orient ont besoin d’être encouragés à cela, non à partir, à hurler avec les loups, en disant « c’est épouvantable ! ».

Je pense que dans un processus aussi profond, il est important de garder la tête froide, dans la confiance, pas dans la naïveté. S’il y a des régimes qui empiètent sur le droit des chrétiens, il faudra réagir.
Il faut garder la tête froide, essayer de comprendre et puis surtout de travailler, d’essayer de bâtir des ponts, de créer des liens.

Compte rendu de Guillaume Larher.



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