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Paroisse de Pleumeur Bodou
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Celui qui refuse de croire au Fils ne verra pas cette vie, mais la colère de Dieu restera sur lui
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(267)L homme dépasse l homme et sa trajectoire dépasse celle du visible.
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ceci est mon sang. 

Prenez et mangez-en tous
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Le Soir de Noël, le Père Chilair Boncoeur nous a fait une belle homélie qui nous interpelle pour cette nouvelle année 2008

Publié le jeudi 10 janvier 2008, mis a jour le samedi 12 janvier 2008 , par Corentin Penn

Ci dessus l’une des crèches de l’exposition à l’église de Trégastel à Noël 2006

Au dela de Noël le texte décapant du père Chilair est plein de joie et d’espérance et nous invite à une bonne et sainte année 2008

Le responsable de publication

Frères et Sœurs,

Ce soir nous sommes nombreux à nous retrouver dans cette église ? Pratiquants occasionnels où habituels, nous ne voulons pas manquer cette veillée de Noël, tant la tradition marque encore notre histoire. Cette nuit, à Bethléem il y a plus de 2000 ans, Dieu s’est mis une fois de plus de notre côté, il nous a envoyé son Fils, le Messie attendu, l’Emmanuel « Dieu avec nous ».

Ce soir, le prophète Isaïe dans la première lecture nous rendra ce service en racontant comment « ce peuple qui marchait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière » en nous faisant découvrir comment Noël se révèle la fête d’une immense espérance. L’allégresse et la joie ont remplacé les ténèbres. Nous comprenons alors mieux le caractère très festif de cette Messe de Noël avec tant de lumières, tant de musique et de chants.

Partout la Bonne Nouvelle est proclamée cette nuit. « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous ». Dans son immense amour et sa grande miséricorde, Dieu nous a tendu la main, le doigt de Dieu rejoint celui de l’homme, c’est le Mystère de l’Incarnation. Celui du Fils de Dieu fait homme, venu dans le monde pour nous sauver. Noël, c’est Dieu qui envoie son Fils auprès de nous. C’est Dieu qui est devenu l’un des nôtres.

Par cette façon d’agir, Dieu voulait clairement faire comprendre que s’il envoyait son Fils dans le monde, c’était pour apporter du bonheur, de la joie et de l’espérance, d’abord aux pauvres, aux gens ordinaires, aux malades, à tous ceux et celles qui souffrent.

En fait, Jésus est venu apporter « une grande joie pour tout le peuple, pour l’humanité entière. J’aimerais que vous compreniez bien ce soir, que c’est vraiment pour chacun et chacune d’entre nous que Jésus est venu et qu’il y vient encore aujourd’hui. Voilà deux mille ans que Jésus est venu sur la terre, et on ne peut pas dire que ça ait changé beaucoup de choses. La faim dans le monde est toujours là, et les crises de plus en plus graves. Que sera demain ? Nous nous posons la même question. Est-ce que l’homme a grandi ?

Nous vivons dans un monde qui tourne dans le sens contraire, au non sens. Ce soir c’est Noël. L’hiver refroidit mes rêves et la vie me donne froid dans le dos. Nous vivons dans un monde agressif qui tourbillonne dans le sens du non sens. Des bombes, des missiles, la crise et la procession de chômeurs, la télé qui rit et qui pleure, la violence, les immigrés, les terroristes, la gauche, la droite, la lessive qui lave plus blanc que blanc et les idées qui déteignent plus noir que noir, les drogues et les médicaments, le pinard et le cafard et la voiture turbo qui tue presto, pourtant ce soir c’est Noël.

La radio réchauffe les vieux cantiques. A l’entrée des magasins les sapins au pied déchiqueté ne sont plus que des condamnés. Devant : les vitrines se font plus belles, c’est le règne du Père Noël. Il vaut mieux faire semblant pour ne pas faire pleurer les enfants. Dehors il fait froid, mais chez moi qui attend, il fait froid dedans. Une Eglise vide s’est égarée dans le silence. Ce soir reviendra-t-il ce divin enfant, chanté par quelques vieillards, courbé sous le poids des fardeaux. Chez moi, trop de silence et trop de vide remplissent mon existence. Ce soir c’est Noël, mon Dieu comme il fait froid dans mon dedans.

Ils sont blasés, trop de liberté. A force de papillonner ils ne croient plus en rien affirme des parents, ils débordent de certitudes, ils vivent par habitudes, chez eux, demain est toujours semblable à hier. Ils vivent une vie sans surprise répondent les adolescents.

Mon Dieu, Noël, c’est ce soir mais n’est-il pas déjà trop tard ? Et si c’était vrai, et si ce soir tu revenais dans les déserts de mes solitudes. Dieu, tu m’entends. Tu m’entends. Tu m’entends !!!

Tu m’entends. C’est que j’attends quelqu’un ou quelque chose. Je t’attends, je t’appelle mon Dieu, viens allumer nos yeux de ta bonne nouvelle. Seigneur, je sais que tu n’es pas né dans la chambre confortable d’une maternité.

Dieu est né dans une étable, Dieu n’est pas né au chaud mais au froid. Non pas entouré de sécurités qui ont tout prévu et tout assuré, mais dans la bousculade d’un voyage. Les choses se passent au bord de la route puisque c’est là depuis toujours que Dieu habite. Dieu naît immigré, chassé de partout.

Dieu n’est pas entré dans le monde par la grille d’un château où par le grand portail du temple. Dieu est entré par la porte de l’étable. Dieu est né sur la paille. Né sur la paille, comme toutes les misères du monde, comme tous les ruinés du monde, comme tous ceux qui ont tout raté. Dieu, est déposé dans la mangeoire, plus tard il sera nourriture pour son peuple. Dieu est déposé sous le bois de la mangeoire, plus tard il sera déposé sous le bois de la croix.

Dieu, est déposé dans le creux de cette mangeoire, ou plus tard il sera déposé dans le creux du tombeau. Dieu, est enveloppé de l’Ange, plus tard il sera enveloppé d’un linceul.

En naissant, Dieu accepte déjà de mourir pour nous. Dieu naît enfant, il n’est pas né Adulte, il n’est pas né instruit et haut placé, il n’est pas né Cardinal ou officier, il naît enfant. Comme si Dieu avait tout à apprendre, comme si Dieu était fragile, comme si Dieu préfére que j’aie peur pour lui plutôt que d’avoir peur de lui.

César tient les comptes, il ordonne de recenser la terre. Il numérote chaque homme, chaque femme, chaque enfant. Dieu, lui ne compte pas, il ne remplit pas de registre, il ne distribue pas de numéro. Il faut aller se faire inscrire chez César, mais pas chez Dieu. Dieu fait signe et ce signe c’est un nouveau né. Ce petit enfant est une surprise, il nous propose le début, la naissance, la nouveauté. Dans son palais de Rome, César ne sait pas encore que cette nuit là un nouveau né dans une étable a changé le monde. Cette nuit César compte les hommes comme des marchandises. Dieu, lui compte sur les hommes qui sont devenus son propre visage, à travers son Fils Jésus, le Messie qui vient nous sauver.

Frère et sœur, en cette nuit très Sainte, l’Église compte beaucoup sur la collaboration des grands-parents pour que soit racontée à leurs petits-enfants l’histoire de la vie de Jésus et pour que leur soit annoncé tout l’amour qu’il leur porte et qu’il porte à l’humanité entière. Vous qui êtes grands-parents, Parents, n’hésitez pas à dire à vos petits-enfants, à vos enfants, que vous croyez au Christ, que vous l’aimez et que vous ne regrettez pas d’avoir vécu en suivant le chemin de vie qu’il a tracé.

N’hésitez pas à leur dire que la foi rend heureux et qu’elle aide à passer à travers les jours difficiles. Dites-leur qu’elle apporte encore toujours du soleil dans votre vie. Parce que vous aimez vos petits-enfants et parce qu’ils vous aiment, votre message tombera dans de la bonne terre et portera du fruit. Frère et sœur, que ce Noël vous apporte ce qu’il doit apporter : de la paix, de la joie, de la lumière, de l’espérance, de la sérénité et du courage. Qu’il vous apporte surtout de l’amour. C’est ce dont l’humanité et ce dont nous avons tous personnellement le plus besoin. Je vous souhaite un joyeux Noël.

AMEN

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