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La résurrection : Au delà de nos épreuves - Par le Père François Nicolas - Spiritain

Publié le vendredi 19 mai 2006, mis a jour le mardi 22 août 2006

Chers amis,

Il peut nous arriver, dans notre vie personnelle ou familiale, de traverser des moments où tout semble s’écrouler. Et lorsque l’épreuve atteint son maximum, ce sont alors nos raisons de vivre qui sont menacées ; avec la confiance en nous-même, dans les autres et peut-être aussi en Dieu. Tout cela se bouscule dans notre tête et nous sommes bouleversés.

Quand Jésus rencontre ses disciples après la résurrection il constate qu’ils sont dans cet état de découragement : la terrible épreuve de la crucifixion a éteint en eux toute l’espérance et le bonheur qui s’étaient éveillés en eux pendant leurs trois années avec Jésus. Constatant leur désarroi, Jésus leur dit : « pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées surgissent en vous ? ». Il nous dit peut-être la même chose aujourd’hui au fond de nous-mêmes, alors que nous traversons telle ou telle épreuve. Et Il ajoute aussitôt : « la paix soit avec vous ». Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que l’Eglise nous envoie en son nom, à plusieurs reprises, à chaque Eucharistie, le même message : « la paix soit avec vous ». La paix que Jésus vient nous apporter, celle que nous donnons aussi , en nous tendant la main après le Notre Père, n’est pas une consolation superficielle : elle est le signe de la résurrection et de la vie que Jésus vient partager avec nous. Une vie qui nous est offerte, quelles que soient nos épreuves, et

pour que la mort ne soit pas le dernier mot de notre existence.

Mettons-nous à la place des apôtres, qui nous ressemblent bien dans leur difficulté à croire et à retrouver la confiance. Nous savons comme eux que la vie, avec Jésus devenu absent, est désenchantée ; et pour ne pas être à nouveau déçus, nous avons aussi besoin de preuves.

Les preuves de la résurrection, et donc de la foi, ne sont pas les conclusions d’un raisonnement abstrait : elles sont le fruit d’une expérience ; et celle-ci peut-être multiple, pour les apôtres, comme pour nous...

Tout d’abord, c’est Jésus lui-même qui vient vers nous : il a rejoint les disciples d’Emmaüs sur la route ; il se trouve soudain au milieu de ses amis au Cénacle. Il vient aussi dans notre vie, surtout à des moments où toutes portes fermées nous sommes tentés par la peur et le repli sur nous-mêmes. Il se rend présent à nous par différents signes, et pour que nous apprenions à le reconnaître venant dans notre vie, il nous fait entendre sa parole.

Sur la route d’Emmaüs, comme au Cénacle, Jésus a pris le temps d’expliquer longuement les écritures à ses disciples. Et, petit à petit, ceux qui l’écoutaient ont senti que ses paroles éclairaient leur intelligence et leur cœur. Il nous arrive aussi de recevoir cette grâce d’avoir le cœur tout brûlant en écoutant ou en méditant la Parole de Dieu. Celle-ci en effet nous apparaît comme une source intarissable et une lumière d’une cohérence plus forte que celle de nos petits raisonnements.

Mais Jésus va plus loin encore : Il fait toucher à ses disciple son corps ressuscité. A Emmaüs les deux voyageurs l’avaient reconnu dans le partage du repas, un peu comme Abraham avait rencontré Dieu, en accueillant ses visiteurs du désert. Saint Luc nous fait un récit extrêmement réaliste de la rencontre avec Jésus au Cénacle. Ce n’est pas un fantôme, une vague apparence de corps, qui les a rejoint : mais bien le même Jésus, dont on peut toucher les mains , les pieds, les cicatrices, et qui partage avec ses amis un vrai repas. Jésus ne cesse de leur dire, alors qu’il n’en croient pas leurs yeux : « touchez-moi, regardez, donnez-moi à manger ». Jésus ne s’est donc pas échappé de son humanité : il reste pleinement homme, de même que nous ressusciterons nous-mêmes , avec toute notre humanité et donc notre corps, toute notre personne... transformée.

Cette expérience décrite par Luc a été unique, fondatrice de la foi que les apôtres nous ont transmise ; elle est confortée par notre propre expérience ; en effet, bien que ce soit de façon différente, nous pouvons aussi faire l’expérience sensible de la rencontre avec le Christ ressuscité. Les missionnaires par exemple sont toujours stupéfaits, comme les apôtres au Cénacle, quand ils touchent du doigt la vitalité d’une jeune communauté chrétienne, la présence du Christ dans un peuple rejoint par lui. Nous pouvons dire la même chose quand nous voyons un jeune ou un adulte proche de nous, transformé par le baptême ; ou une communauté qui se remet à vivre. Il y a en cela la manifestation d’une force, d’une expérience qui est plus réelle encore que toutes les autres expériences de la vie. La foi en la résurrection, l’expérience que nous en faisons, est une grâce dans laquelle le Seigneur nous fait découvrir ainsi toute la grandeur, la dignité de notre personne humaine. Notre corps est appelé, avec celui de Jésus, à être transfiguré par la vie divine. Ce mode d’existence qui nous attend révèle en même temps que notre monde matériel, créé par Dieu avec amour, est comme en attente de son accomplissement. Et même les blessures de la souffrance et de l’âge, qui auront pu marquer ce corps, auront aussi leur sens et leur beauté, comme les blessures de Jésus sur la Croix, telles qu’il les a montrées à ses disciples après la Résurrection.

Les évangiles nous montrent bien la stupéfaction de tous ceux qui ont été témoins de la résurrection de Jésus : « dans leur joie, nous dit St Luc, ils n’osaient pas y croire ». Laissons-nous atteindre nous aussi par cette joie, cette paix donnée par Jésus. Si nous laissons le Christ nous rejoindre, notre regard sur le monde et sur nous-même sera différent. Nous serons habités par le rayonnement d’un bonheur qui pour d’autres sera le signe d’une expérience qui pourra aussi les interroger, et permettre au Christ ressuscité de les rejoindre. Nous sommes tous envoyés en mission pour le faire savoir.

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