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Paroisse de Pleumeur Bodou
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(279)Mon âme attend plus sûrement le Seigneur qu un veilleur n attend l aurore.
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(468)Qui es-tu donc, douce lumière qui envahit mon coeur ? Esprit Saint, Amour éternel !
[D] 
(257)Je dormais et je rêvais que la vie n était que Joie. Je m éveillais et je vis que la vie n est que service ? Je servis et je compris que le service est joie !!
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(2580)Les cieux proclament la gloire de Dieu,

le firmament raconte l ouvrage de ses mains.

Le jour au jour en livre le récit

et la nuit à la nuit en donne connaissance. 

Psaume 19.
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La puissance de Dieu est une puissance d’Amour - L’homélie de Laurent le Boulch lors du Pardon de St Pierre et Paul

Publié le lundi 2 juillet 2007 , par Corentin Penn

Pardon de St Pierre et St Paul – 1er Juillet 2007

Homélie de Laurent le Boulch

L’Evangile n’a rien à voir avec un conte virtuel ou un rêve d’enfant. Il ne plane pas hors de nos histoires humaines, bien au contraire, il est le plus souvent chargé de ce qu’il y a de plus lourd dans nos vies. Comme si toute la complexité de nos vies d’hommes s’y était donnée rendez vous.

Le passage de St Luc que l’on vient d’entendre nous plonge dans la géopolitique du temps. Cette histoire de Samaritains qui refusent d’accueillir Jésus parce qu’il se rendait à Jérusalem, nous transporte dans les conflits de la Palestine du 1er siècle. Jésus voit son visa et son droit de passage refusés pour cause de guerre froide entre les samaritains et les judéens.

Le Christ s’est donc confronté à ce qui est malheureusement si souvent encore aujourd’hui le quotidien de tant de gens. Et l’on pense à toutes ces guerres larvées dont tant de civils payent le prix d’une liberté interdite. Gaza, Soudan, Birmanie, Cuba…- Des peuples sont enfermés, d’autres sont déplacés de force. Notre prière se montre ouverte à tous ces hommes et ces femmes que l’on prive de liberté.

Face au refus des samaritains, Jacques et Jean sont prêts à sortir l’arme lourde : « que le feu du ciel leur tombe dessus ». Il y a quelque chose de grotesque et de pathétique à la fois dans cette menace des deux frères. On aimerait rire de la prétention naïve de ces deux disciples, mais il y a là quelque chose de terriblement inquiétant dont nous voyons l’horreur chaque jour.

Quand des hommes s’imaginent que la puissance divine est une puissance de destruction, il y

a du danger pour l’homme. La tentation de croire en un Dieu violent est omniprésente dans la Bible.

Et pourtant, la longue histoire biblique avec son point d’orgue qu’est la manifestation de Jésus

conduit tout à l’inverse les croyants à recevoir la puissance de Dieu comme une puissance d’Amour et rien que d’Amour. La Passion Résurrection de Jésus donne aux hommes le signe déconcertant d’un Dieu prenant sur lui la plus grande faiblesse et refusant toute forme de violence. Un Dieu apparemment sans puissance et cependant extraordinairement puissant d’amour jusqu’à vaincre le mal et la mort.

Croire en ce Dieu là est une conversion jamais définitivement acquise. Que deux disciples de Jésus, malgré leur route avec lui, aient été tentés par la régression de croire en un Dieu de violence et de destruction en est le signe. Le chemin parcouru avec Jésus n’avait pas suffi à changer leur regard sur Dieu. Il fallait attendre le mystère de la mort et de la Résurrection de Jésus pour que les disciples en perçoivent toute la portée. Avec le Christ mort et ressuscité, Dieu a changé définitivement de visage. Pierre et Paul deviendront les témoins infatigables de ce Dieu d’Amour qui a tellement bouleversé leur manière de croire, de vivre et d’espérer.

Quand des hommes s’imaginent que la puissance divine est une puissance de destruction, il y a du danger pour l’homme. Mais ce danger redouble quand les croyants s’imaginent détenir eux mêmes la puissance divine.

« Veux tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? » demandent Jacques et Jean comme s’ils étaient les maîtres de la puissance du ciel, comme si la bombe divine leur appartenait. Ils n’ont besoin que de l’autorisation de Jésus pour déclancher le feu.

Jacques et Jean sont installés dans la toute puissance. Ils portent en eux la prétention puérile de se croire des sorciers ou des petits dieux, manipulateurs de la puissance divine : " veux tu que nous fassions tomber sur eux le feu du ciel ? ». Jacques et Jean réagissent comme des grands enfants irresponsables. Des grands enfants, mais des enfants terriblement dangereux !

Comment ne pas voir aujourd’hui à quel point cette illusion de la toute puissance est présente et mortifère ? Alors que l’on pensait que les religions étaient devenues enfin raisonnables, voici qu’à nouveau, et cela semble s’accentuer, les religions semblent prises de folie. Cela ne concerne évidemment pas, et heureusement, l’ensemble des croyants, on peut même espérer qu’il n’y a qu’une infime minorité d’entre eux qui sont touchés par le phénomène. Il n’empêche que force est de constater que les extrémismes, les fanatismes, les fondamentalismes et les intégrismes progressent aujourd’hui dans toutes les religions du monde. Un peu partout des hommes, au nom de la foi, s’installent dans une toute puissance effrayante. Au nom de Dieu, ils sombrent dans l’intolérance et la violence, comme s’ils avaient droit de décision, droit de vie et de mort sur leurs contemporains, comme si la foi en un Dieu violent leur donnait pleins pouvoirs sur leurs frères.

Ces dérives ont bien sûr de quoi nous inquiéter. L’évangile de Luc nous dit que le Christ lui même se retourna et interpella vivement ses disciples. Ceux ci auront encore bien du chemin à faire pour entrer dans la voie de l’Evangile.

Jacques et Jean devront donc se convertir au Dieu du Christ. Jésus devra continuer de les initier pour extirper de leur coeur toutes les vieilles racines de l’intolérance et du sectarisme.

Ce n’est qu’en entrant dans l’Esprit de sagesse et d’humilité que les disciples pourront enlever de leur coeur l’arrogance et le mépris des autres. L’humilité est un rempart contre la toute puissance fanatique. L’humilité est le signe d’une vraie maturité spirituelle à l’inverse de la toute puissance au nom de la foi qui n’est qu’un symptôme d’immaturité spirituelle.

L’humilité nous sauve parce qu’avec elle le croyant se reconnaît à distance de son Dieu. Comment l’humble croyant de l’Evangile pourrait il manipuler Dieu et l’imaginer en son pouvoir, lui qui s’éprouve encore si loin de Dieu ? Comment l’humble croyant de l’Evangile pourrait il céder à l’arrogance quand il se sait si faible et si fragile lui même, pécheur pardonné ? Comment peut il juger son frère quand il sait que l’amour de Dieu se donne à tous les hommes et qu’il dépasse toutes les frontières, présence souvent cachée au coeur des hommes ?

Pierre s’est donné tout entier au Dieu d’Amour de Jésus. Le Christ a transformé sa vie. Il a reçu de lui son Esprit qui lui a donné de lutter contre toutes les formes d’intransigeance et de sectarisme. Il a guidé l’Eglise dans la voie de la sagesse et de l’humilité.

A l’image de Pierre, dans notre monde en excès de violence, que l’Evangile de Jésus convertisse nos fausses représentations de Dieu. Que l’Evangile de Jésus nous sauve par l’humilité.

  • Amen.
  • Laurent Le Boulch
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