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L’extraordinaire puissance de l’Amour de Dieu - par Laurent le Boulch lors de la fête de l’Assomption 2006

Publié le mardi 15 août 2006, mis a jour le mardi 22 août 2006 , par Corentin Penn

La victoire éclatante d’une femme avec son enfant contre la fureur d’un dragon racontée dans le livre de l’Apocalypse. La puissance du Christ plus forte que toutes les puissances du mal méditée dans la lettre de Paul aux corinthiens. Dieu tout puissant qui rabaisse les puissants de leurs trônes chanté dans le Magnificat de Marie dans l’évangile de Luc. Les trois lectures que nous venons d’entendre semblent toutes imprégnées d’un vocabulaire de règne, de puissance et de victoire. Quand l’Eglise célèbre l’Assomption de Marie, elle célèbre la victoire, le règne ou la puissance de Dieu. Elle fête l’entrée de Marie dans le Règne de Dieu.

Ces mots de règne, de puissance et de victoire, ne nous sont peut-être plus très habituels dans notre prière. Ils peuvent peut-être nous mettre même mal à l’aise parce qu’ils semblent réveiller en nous des images de guerre et de violence.

C’est vrai que, par les temps qui courent, nous n’avons pas besoin d’en rajouter avec les caricatures d’un Dieu de fanatisme et de terreur. Ce Dieu dont on a l’impression hélas qu’il gouverne encore trop souvent, et peut-être même de plus en plus, les croyances et les actions de bien des hommes. Souffrance pour le croyant de l’Evangile, mais aussi pour tous les vrais croyants du Dieu unique, de voir ainsi le visage de Dieu régresser aujourd’hui dans les fantasmes d’un Dieu de puissance guerrière. Retour de souvenirs que l’on espérait oubliés de vie écrasées, terrorisées sous l’emprise toute puissante d’un Dieu de peur.

Et l’on s’interroge alors : quand donc les hommes se montreront-il dans leurs religions un peu plus à la hauteur de Dieu ? Quand donc se laisseront-ils enfin convertir au vrai visage du Dieu de l’Evangile ? Pourquoi faut-il qu’ils régressent toujours dans des visions archaïques du divin ? Quand donc s’arrêteront enfin toutes ces folies meurtrières commises au nom d’un Dieu de terreur ?

Nous pensions être délivrés des guerres de religions, des intolérances et des violences à cause de Dieu. Et voici qu’un peu partout dans toutes les religions du monde la menace revient avec son cortège de souffrances. Je sais bien que tout n’est pas qu’affaire religieuse dans tout cela et que bien des manipulations sordides, idéologiques et politiques, du religieux sont en cause. Mais il reste que cette permanence dans la tête des hommes d’un Dieu dur et intransigeant a de quoi nous troubler.

Ainsi donc nous ne sommes pas à l’abri d’un retour d’un Dieu de violence et de haine. Ainsi donc rien n’est jamais acquis dans la foi. Que des hommes, aujourd’hui encore, continuent de mettre leur existence sous la bannière d’un Dieu de puissance contre d’autres hommes nous oblige à reconnaître que personne ne peut se croire pour toujours gagné par la foi authentique en Dieu. Nul n’est à l’abri de régressions possibles dans sa foi. Celles-ci peuvent prendre parfois des formes très subtiles. Où que l’on soit de la découverte de Dieu il y a toujours du chemin à faire pour purifier encore et encore son image en nous. Il y a toujours à grandir dans la maturation de la foi car Dieu nous échappe toujours. Il est toujours au-delà de nous. Nous voici donc invités à grandir dans une foi encore plus évangélique à la suite de Marie, la première des disciples de Jésus, notre mère dans la foi.

Or, il se trouve que, dans le chant de Marie comme dans beaucoup de paroles de Jésus dans les évangiles, Dieu apparaît souvent dans sa puissance. « Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ! »

Mais alors, Marie et les évangiles nous conduiraient-ils, eux aussi, à adorer un Dieu de puissance et de force ?

Jésus le Christ nous manifeste de quelle puissance Dieu est puissant. Marie, à la suite de son fils, s’est laissée elle aussi revêtue de la même puissance de Dieu. Mais la puissance de Dieu n’est peut-être pas celle que nous imaginons spontanément.

Contempler Jésus et Marie c’est regarder en eux la puissance de Dieu à l’œuvre. En eux, l’amour de Dieu se montre extraordinairement fort et puissant. Il transforme leur vie, il les rend belles et lumineuses, il les remplie de sagesse et de courage. En eux, l’amour de Dieu est fort, plus fort même que la puissance du mal et de la violence. Plus puissant même que la puissance de la mort.

A l’opposé de la puissance qui écrase, rabaisse, détruit, en Jésus et Marie la puissance de Dieu se montre capable de relever, de rebâtir, de construire l’homme perdu. Elle n’est rien d’autre que la puissance de l’amour quand il est infini.

Le signe le plus éclatant de la puissance de l’amour de Dieu qui soit donné en nos vies d’hommes est celui de la Résurrection du Christ et de l’Assomption de Marie. Marie est la première à entrer dans le Royaume de l’Amour éternel de Dieu par delà la mort à la suite du Christ ressuscité. En eux, il nous est donné de voir jusqu’où va la puissance de l’amour quand il vient de Dieu en l’homme. Ils nous montrent qu’au fond il n’est pas de réelle puissance qui ne soit celle, un jour ou l’autre, de la reconnaissance de l’autre dans la paix et la fraternité.

Une fois encore dans notre histoire, notre humanité s’est laissée tenter par la puissance des armes, pensant que grâce à la violence, on ferait table rase de la terreur et de la haine. Une fois encore, l’expérience nous donne de voir qu’au lieu de supprimer le mal, le recours à la violence ne fait que l’amplifier.

C’est d’ailleurs pourquoi au nom de l’Evangile, l’Eglise appelle à ne recourir aux armes qu’en toute dernière solution, en cas de force majeure, et qu’elle considère que c’est là toujours, d’une manière ou d’une autre, non un signe de victoire et de force mais un signe d’échec et de faiblesse pour les hommes.

Frères et sœurs, la fête de l’Assomption de Marie, nous invite à reprendre avec elle le chant du Magnificat. Non pas bien sûr pour réveiller en nous un Dieu de guerre et de violence. Mais pour retrouver confiance en l’extraordinaire puissance de l’amour venu de Dieu en nous, capable de redonner vie et courage, capable de résurrection.

Frères et sœurs, ce témoignage apparaît de plus en plus urgent aujourd’hui. Il en va de la vie des hommes et du signe de Dieu. si nous pouvions aujourd’hui témoigner de la force de l’amour en nous. Si nous pouvions à cause de l’Evangile ne pas désespérer d’aimer. Croire envers et contre tout que là seul est l’avenir des hommes et prendre le risque de le manifester au quotidien de nos existences. Prier Dieu pour qu’il nous en donne la force. Car nous le savons bien il faut bien plus de courage et de puissance pour oser aimer que pour céder à la peur et à la violence.

En la fête de l’Assomption de Marie, dans les tragédies violentes de notre monde, laissons la puissance de l’amour de Dieu gouverner nos vies. Et reprenons le chant de Marie : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ! »

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