Paroisse Pleumeur Bodou : aller au sommaire
Paroisse de Pleumeur Bodou
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(264)Quand il a fini de parler, il dit à Simon : « Avance là-bas où l eau est profonde, et jetez vos filets pour attraper du poisson. » 

Simon lui répond : « Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre. Mais tu nous dis de jeter les filets, je vais le faire. »
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(247)La foi est un long fleuve qui traverse les siècles.
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Homélie de Laurent le Boulch à Pleumeur-Bodou le 9 Octobre : Accepter l’invitation

Publié le dimanche 16 octobre 2005, mis a jour le jeudi 13 juillet 2006

Pourquoi Ne voulons nous pas accepter l’invitation ?

Isaïe a toujours des pages magnifiques. Il nous parle de noces éternelles. Ce sera là la fin de toute tristesse quand Dieu, lui-même, essuiera les larmes des yeux. L’homme enfin délivré à jamais de la mort. Ce sera comme un grand banquet. Une gigantesque fête à l’orientale avec la multitude de ses plats et de ses saveurs. Une histoire de noces et de banquets car c’est bien d’amour qu’il s’agit. L’amour fou d’un Dieu qui fait alliance avec les hommes.

Comment ne pas être touché par le rêve d’Isaïe ? Comment ne ressentirions nous pas en nous la même aspiration à trouver enfin la délivrance de la mort et de toutes souffrances, la fête d’un amour éternel ? Sans doute y a-t-il en chaque homme, au fond de lui, ce grand rêve. Un profond désir de vivre en paix dans l’amour. Un rêve de paradis.

Mais voici que l’Evangile, une fois encore aujourd’hui comme ces derniers dimanches, nous parle de refus. Jésus raconte une histoire de serviteurs qui s’en vont à la rencontre des gens pour les emmener à la noce. Mais, au lieu d’être accueillis, ils sont rejetés. Les invités refusent de se rendre à la noce.

Et l’on s’interroge. Comment est-il possible de refuser la joie des noces ? Comment peut-on décliner l’invitation et dire non à ce à quoi on aspire en soi ?

Or, nous raconte la parabole, quand les gens reçoivent l’invitation du roi, ils préfèrent bien s’en aller les uns à leur champ, les autres à leur commerce. Certains vont jusqu’à tuer les serviteurs. Comme s’ils étaient devenus incapables de vivre selon leurs aspirations les plus profondes. Comme s’ils étaient devenus sourds à l’appel à célébrer les noces.

Mais, à la réflexion, il doit bien en être quelques fois ainsi de nous. Chacun de nous en effet aspire aux noces éternelles. Je veux dire par là que tout homme, quel qu’il soit, doit bien se trouver un jour ou l’autre en situation de désirer vraiment vivre une vie nouvelle, une vie autre, plus humaine, plus heureuse. Tout homme aspire à rencontrer un amour qui ne finisse pas. Il y a en chacun de nous un rêve de joie et d’éternité, un désir secret de trouver le paradis.

Ce rêve d’Isaïe, même s’il peut être parfois très profondément enfoui, habite chacun. Mais, comme un volcan endormi, il peut se réveiller à tout moment. Ainsi, il peut arriver qu’un jour, un événement nous bouscule. C’est un imprévu, le surgissement d’un grand moment de malheur ou de bonheur, l’expérience douloureuse d’un échec, d’un deuil, de la maladie, de la souffrance. Ou bien encore l’expérience plus lumineuse d’une naissance ou d’une rencontre amoureuse. C’est une préparation au baptême, au mariage ou à des funérailles... Voici qu’alors des questions graves, essentielles se réveillent en nous : qu’est ce que vivre ? En quoi, en qui donner sa confiance ? A quoi cela tient la vie d’un homme ? Comment conduire sa vie ? On se surprend à rêver d’éternité et l’on s’interroge sur ce qui pourrait nous aider à vivre le plus authentiquement possible. Le désir de vivre le plus justement possible s’est fait jour en nous. On s’interroge, on cherche. Le rêve d’Isaïe s’est réveillé.

Mais il arrive qu’une fois le choc ou l’émotion passés, la vie ordinaire reprenne vite ses droits. Une fois retrouvé le train-train de l’existence, le « métro-boulot-dodo » comme on disait autrefois, on oublie ces questions les plus fondamentales de la vie. On se laisse envahir par le quotidien avec toutes les préoccupations légitimes de tous les jours. Avec en plus le rythme de vie stressant des gens d’aujourd’hui qui courent dans tous les sens, le rêve d’Isaïe paraît bien loin. On a bien reçu l’appel aux noces mais il y a le champ à labourer et le commerce à faire tourner. Il y a tant d’autres affaires plus importantes ou plus urgentes à faire. L’invitation pourra bien attendre un peu. On préfère remettre à plus tard. A moins que le vieux rêve d’une vie meilleure ait pris du plomb dans l’aile. On a bien essayé mais on n’y croit plus. On se laisse gagner par la tentation de la désillusion et de la démission.

Face à cela, je réentends avec force ces mots que Jean Paul II adressait à des milliers de jeunes rassemblés à Toronto je crois :

« Chers jeunes, ne vous contentez pas de ce qui est inférieur aux plus grands idéaux. Ne vous laissez pas découragés par ceux, qui, déçus par la vie, sont devenus sourds aux désirs les plus profonds et les plus authentiques de leurs cœurs ».

Entendez l’aspiration des noces en vous. N’oubliez pas le rêve d’Isaïe. Vous êtes faits pour plus grands que vous n’êtes. Ne tarissez pas en vous l’appel à devenir meilleur. Ecoutez le désir d’éternité qui vous habite. N’étouffez pas la soif d’éternité en vous. Construisez votre vie sur ce qui a du prix, ce qui a valeur d’éternité.

Dire oui à cette invitation de Dieu en nous, c’est dire oui à la vie selon l’évangile. Là est le secret qui peut nous conduire aux noces éternelles.

La Parabole de Jésus nous appelle alors à répondre sans attendre à l’invitation de Dieu. Vous qui osez croire encore à une vie plus belle et plus heureuse par delà la mort, osez dire oui à l’Evangile dans votre vie. Sans attendre et remettre sans cesse à plus tard, oser vous mettre en marche. Osez donner vie à l’évangile dans nos vies.

Car il n’y a rien de plus riche humainement que de se mettre concrètement à vivre l’Evangile. Le choix premier de l’Evangile redonne de la lumière à notre vie. L’Evangile nous décramponne de tout ce qui pourrait nous réduire à l’état d’esclaves : l’attachement excessif à l’argent, au confort matériel, au superficiel. Il nous éclaire sur les vrais combats de la vie. Il nous apprend à connaître l’autre plus profondément. Il nous donne la joie de nous reconnaître aimés du Père, infiniment, et cela nous donne la Paix. Il n’y a pas d’école de la vie plus riche que de se mettre à suivre le Christ. Plus un homme se fait proche de l’Evangile et plus il devient humain, plus il devient rayonnant. C’est là le chemin qui conduit aux noces éternelles.

Frères et sœurs, ne pensons pas que c’est là chose réservée aux sages et aux savants, aux religieux. L’appel à vivre de l’Evangile concerne tout homme, les « mauvais comme les bons » nous dit la parabole de Jésus. Tous y sont appelés. La parabole de Jésus invite à oser vivre de l’Evangile concrètement, dès maintenant, sans attendre, jour après jour. Oser vivre le peu que nous ayons compris de l’Evangile. Oser commencer sans attendre d’être un héros. Car c’est en le vivant, même tout petitement, qu’on découvre vraiment l’Evangile. Y répondre de suite, car c’est à tout moment que l’on peut se décider à vivre l’Evangile avec la force de l’amour de Dieu en soi.

Frères et sœurs, dans l’Eucharistie que nous célébrons c’est l’Evangile qui se réalise en nous. En communiant à la même Parole et au même pain, nous devenons les uns pour les autres, des hommes et des femmes de l’Evangile. Cela ne vient pas de nos efforts. Cela nous est donné par Dieu lui-même. Nous expérimentons ensemble la fraternité qui naît de Jésus et qui répond « aux désirs les plus profonds et les plus authentiques de nos cœurs ».

Frères et sœurs, que cette Eucharistie nous rende alors plus attentifs aux aspirations les plus profondes de nos cœurs et qu’elle nous aide à les vivre, sans attendre, même si petitement. Amen.

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