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(238)A la sueur de ton visage, tu gagneras ton pain
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(227)J attends le Seigneur de toute mon âme, j espère en sa parole.
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(267)L homme dépasse l homme et sa trajectoire dépasse celle du visible.
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Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et Paix sur la terre aux hommes qu’il aime - L’édito d’Yves Guézou, diacre

Publié le mardi 1er décembre 2009 , par Corentin Penn

Gloire à Dieu au plus haut des cieux,

et paix sur la terre aux hommes qu’il aime

 !

Avec la naissance de Jésus, quelque chose de nouveau, d’inattendu, d’inouï se produit. C’est ce qu’évoque le chant angélique du « Gloire à Dieu » au tout début de l’évangile de Saint Luc. Dieu prend l’initiative de venir habiter le monde des hommes. Il vient se mêler à l’humanité, y naître, y prendre chair, y partager le sort des hommes. Et pour cette arrivée, il choisit la discrétion, la dernière place, celle d’un réfugié né au hasard des routes.

Dans l’Ancien Testament on avait envisagé la venue de Dieu, mais c’était souvent sous la forme d’une irruption grandiose, amenant un bouleversement des bases du monde. Or avec Jésus, Dieu vient dans la simplicité et pour le reconnaître, il n’y a que des gens ordinaires, et même a priori disqualifiés : les bergers n’étaient pas considérés comme des gens très fréquentables ! A travers cela, nous est révélé le visage d’un Dieu qui n’a pas fini de nous étonner : il n’est pas comme les hommes l’avaient imaginé.

Par le nom qu’il choisit « Jésus », Dieu dit ce qu’il veut être pour les hommes : un « Sauveur ». Là encore étonnement ! Car les hommes attendaient plutôt un juge, un souverain. Quel paradoxe pour un sauveur ! Le sauveur est un enfant qui ne peut rien faire de lui-même : il a besoin de soins pour subsister. Il faut le nourrir, le langer, l’entourer d’affection, sinon il meurt. Il réclame de nous patience, amour et générosité. C’est en nous demandant notre accueil et notre attention qu’il nous sauve.

Dans cette naissance, nous découvrons aussi que chacun de nous doit renaître. Ce que nous fêtons, ce n’est pas le lointain souvenir de l’enfant de Bethléem ; mais la possibilité qu’il nous donne de naître avec lui à une vie nouvelle. Nous pouvons, avec lui, repartir à nouveau, nous renouveler, laisser l’Esprit-Saint former en nous un être nouveau. Nous ne sommes pas enfermés dans notre passé, mais avec cet enfant sauveur, nous est donné à nouveau la capacité de nous ouvrir à plus d’amour, à plus de générosité et de joie.

Et ce qui est vrai pour nous, est vrai également pour nos compagnons de route (pour celui en qui je n’espère plus !). Eux aussi peuvent changer, laisser leurs cœurs être transformés et vivifiés. C’est vrai tout autant pour notre monde : il peut engendrer bien autre chose qu’injustice et exploitation et s’ouvrir à la fraternité. C’est pourquoi cette naissance à nouveau célébrée est une « Bonne Nouvelle, une grande joie pour tout le peuple ». Reprenant l’allégresse des premiers temps, nous avons à actualiser le message pour aujourd’hui. La Bonne Nouvelle, elle est pour maintenant et tous peuvent la reprendre à leur compte.

Pourtant le vocabulaire employé, en particulier ce terme de « gloire » adressé à Dieu exige quelques précisions : « Gloire » traduit, ou bien un mot hébreu qui signifie « poids », ou bien un mot grec qui veut dire « renommée ». Ainsi la « gloire » pour les hébreux, c’est le poids que pèse quelqu’un : il vaut combien ? Quelle valeur a-t-il ? La gloire, c’est la valeur de quelqu’un, ce qu’il représente. Proclamer « Gloire à Dieu », c’est donner à Dieu toute sa valeur, lui donner la première place, reconnaître qu’il est à la source de tout et que tout subsiste en lui.

Pour les Grecs, l’image est un peu différente. Elle fait penser au murmure qui accompagne une personnalité qui traverse une foule. Un frisson parcourt la foule et exprime la renommée de cette personnalité, un peu comme la « Ola » qui s’empare d’un stade acclamant la victoire de sportifs. Alors proclamer « Gloire à Dieu », c’est participer à cette reconnaissance et faire grandir la rumeur qui concourt à Sa renommée. Il est bon que ce merci s’exprime par la voix et l’acclamation des uns et des autres, pour qu’il ait le temps de faire son chemin dans les cœurs. Comme la « ola » fait le tour du stade pour fêter les vainqueurs, la gloire enflamme l’assemblée pour célébrer ce Dieu source de vie et de pardon.

Et la « paix » promise aux hommes a sa source dans l’amour que Dieu leur porte. Elle n’est pas le résultat d’accords ou de compromis ; elle vient du fait que le monde des hommes n’est pas laissé à l’instabilité du hasard, mais qu’il est habité par une présence, qu’il est accompagné, et définitivement avec la venue de Jésus parmi nous. Alors que souvent les hommes pensent leur avenir en terme de catastrophe, Dieu ouvre un horizon de paix, une paix faite de partage et riche des différences de chacun, à l’image de l’unité divine.

Dieu vient dans notre monde et dans notre humanité. Il ne n’affranchit pas de tous les dysfonctionnements, mais il épouse notre situation blessée pour lui révéler un chemin de lumière, un sens à la vie, et aider l’homme à grandir en lui révélant sa véritable dignité.

Yves Guézou, diacre

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