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Paroisse de Pleumeur Bodou
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(261)Dieu appelle la lumière « jour », et l obscurité, il l appelle « nuit ». 

Il y a un soir, il y a un matin. Voilà le premier jour.
[D] 
(268)Sois fort, sois fidèle, Dieu te mène au désert. Il veut, par dela le désert te conduire au repos.
[D] 
(281)L homme, pélerin d un voyage intérieur.
[D] 
(251)Laisse ta lampe allumée 

Laisse ton coeur ouvert
[D] 

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Entretien avec le père Sylvestre

Publié le dimanche 19 juillet 2015, mis a jour le samedi 18 juillet 2015 , par Michel Aunis

Le Père « Sylvestre  » vient à l’aide de la paroisse de Lannion (et donc de celle de Pleumeur-Bodou) pour la période estivale. Nous aurons donc l’occasion de le voir lors des célébrations ou lorsque nous souhaitons rencontrer un prêtre. Il a accepté de se présenter afin de nous permettre de mieux le connaître.

Le père Sylvestre lors du pardon de St Uzec le 5 juillet 2015

Je m’appelle Grégoire-Sylvestre GAINSI. Je suis prêtre, du diocèse de Djougou qui se situe dans le nord-ouest du Bénin. J’ai été ordonné le 27 décembre 2003.

Je fais partie d’une fratrie de sept enfants. Mon père est mort quatre années, jour pour jour, avant la date de mon ordination. Je suis originaire du diocèse de Cotonou, mais, lorsque j’ai répondu à l’appel du Christ, j’ai choisi de vivre ma mission dans le tout nouveau diocèse de Djougou. Et, pour moi, il s’agit de témoigner de Jésus et de ma vocation sur les nouvelles frontières qui peuvent être géographiques, mais aussi familiales et amicales. Car à Djougou, j’étais vraiment un étranger dans mon propre pays : de nouvelles langues à apprendre, une nouvelle famille ecclésiale, de nouveaux amis. J’ai appris à y vivre heureux avec les gens, mes frères.

Après mon ordination, j’ai d’abord été nommé vicaire sur une paroisse de campagne, dont le curé à ce moment était le P. Edgar DAHOUI qui est maintenant au service de la paroisse de Lannion (et donc, aussi, de la paroisse de Pleumeur-Bodou). Le diocèse de Djougou, étant un jeune diocèse, dispose d’un petit nombre de prêtres. Ce qui fait qu’on cumule les charges (comme en France, maintenant, d’ailleurs). Ainsi, j’étais également chargé des œuvres pontificales missionnaires (OPM) du diocèse et de l’enfance missionnaire. J’étais également le « cérémoniaire » de l’évêque.

En 2006, mon évêque m’a envoyé étudier à l’Institut Catholique de Paris. J’y suis resté 8 ans. On m’a demandé de suivre des études de philosophie, alors que mon choix personnel m’aurait plutôt conduit vers la théologie. J’ai donc passé un doctorat d’état et un doctorat de la faculté de philosophie. Ma thèse portait sur l’anthropologie philosophique de Charles de Bovelles (*), philosophe et mathématicien du XVIè siècle. Un livre a été publié à partir de cette thèse, en octobre 2014 aux éditions de L’Harmattan et est en vente dans les librairies et sur la toile.

Philosophe, je suis aussi théologien. Car mon goût pour la théologie m’a également conduit à passer un DEA de théologie, option missiologie

J’ai également obtenu un diplôme universitaire de droit canonique, option « accompagnement des sacrements ». Car pour moi les sacrements constituent le quotidien de la vie ordinaire du chrétien et les véritables chemins de rencontre avec Dieu en Jésus par l’Esprit Saint au cœur de l’Église, Corps du Christ.

En 2014, à la fin de mes études, avant de retourner au Bénin, je suis venu aider le clergé de Lannion pendant la période estivale.

Puis, à mon retour définitif au Bénin, j’ai été nommé professeur de philosophie et formateur au Grand Séminaire philosophât de Djimé au sud du Bénin.

Après cette première année de mission d’enseignement et sur invitation du diocèse de Saint Brieuc-Tréguier, j’ai décidé, avec plaisir, de revenir en France cet été. Pour trois raisons : Premièrement les 8 années passées dans ce pays m’ont appris à connaître et apprécier ce peuple. J’apprécie en particulier la sincérité et la liberté de sa relation vis-à-vis de Dieu. J’ai pu avoir des relations franches et ouvertes avec des croyants (quelle que soit leur foi), comme avec des non-croyants et même des athées.

Deuxièmement, le Bénin a été évangélisé par des prêtres bretons de la Société des Missions Africaines de Lyon. Actuellement, il y a une coopération fraternelle, ecclésiale et pastorale entre le diocèse de Saint-Brieuc et le diocèse de Djougou. Et personnellement, me mettre au service de ce diocèse breton me paraît être une reconnaissance de ce qui nous a été apporté, bien que notre diocèse ait très peu de prêtres.

De plus, le fait d’avoir un pied au Bénin et un pied en France me permet d’avoir une meilleure vision de l’universalité de l’Église et de ce qu’est la mission sans frontières.

Et pour le véritable sens de cette mission, je me tiens de la première lecture du dimanche 5 juillet dernier : Dieu dit bien au prophète que les juifs ne le croiront probablement pas mais que sa mission est de témoigner de la présence divine, d’être là c’est-à-dire que ma véritable mission est d’être là avec les gens, d’être leur ami, leur compagnon dans la joie comme dans le malheur ce n’est pas d’abord de les convertir « Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils s’y refusent - car c’est une engeance de rebelles -, ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. » (Ez. 2,5).

Jésus, lui aussi, est là. L’Emmanuel (’Dieu avec nous’) est avec nous jusqu’à la fin du monde. Puisque Jésus est là et porte notre terre, ‘’Notre maison commune’’ comme le dit le Pape dans sa lumineuse lettre encyclique récemment publiée Laudato Si’.

Cette encyclique selon moi porte la marque de fabrique de notre pape : « Dieu est joie au milieu des hommes, Dieu est au coude à coude avec l’homme. » Il offre à l’homme la terre, la mer, le ciel, la nature pour qu’il puisse y vivre en harmonie parfaite avec le Créateur pour le bonheur de tous. Cette encyclique est un appel à la responsabilité écologique à quelque niveau que nous soyons. Car que je sois chrétien, musulman, juif, bouddhiste, hindouiste, athée, croyant ou non-croyant, notre point commun c’est cette Mère-Nature qui nous porte et qu’il nous faut sauvegarder et gérer pour tous. C’est l’économie (au sens étymologique : gestion de la maison) écologique de la Maison Commune.

(*) Peu connu, Charles de Bovelles est aujourd’hui considéré comme « peut-être le plus remarquable penseur français du XVe et du début du XVIe siècle »(Cf. Wikipedia)

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