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Paroisse de Pleumeur Bodou
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(471)Sans les autres, l individu ne peut pas être lui et devenir le sujet de sa propre vie
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(533)La plante s envole vers Toi, Seigneur 

Tu la chauffes de Ton Soleil
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(252)L homme est comme une feuille qui vole... Nul ne sait où elle tombera. 

Mais là ou elle tombera, la terre se fertilisera
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(247)La foi est un long fleuve qui traverse les siècles.
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En route vers Pâques

Publié le mercredi 2 mars 2011 , par Robert Gautheret

Après les traditionnels échanges de vœux, nous allons être appelés, à partir du mercredi 9 mars 2011, à vivre un temps de grâce, temps à la fois de dégraissement et de croissance, tant sur le plan spirituel que humain. Temps fort que nous offre l’Église pour « quitter le vieil homme et revêtir l’homme nouveau qui est le Christ ». Quelle belle période de quarante jours pendant laquelle le chrétien va être invité à faire fondre ses graisses pour rendre les autres heureux, pour – huiler - les maigres et les pauvres. Quelle période formidable pour entreprendre la montée vers Pâques où « l’homme ressuscite pour une créature nouvelle ».

A l’heure où les catholiques du monde entier vont faire leur entrée solennelle en Carême, avec le signe des Cendres, vivront-ils quelque chose où nos contemporains peuvent identifier une authenticité ? Sont-ils convaincus personnellement que leurs rites et leurs attitudes religieuses sont porteurs d’un dynamisme chrétien en prise sur la modernité ?

Le Carême ne date pas d’hier. Dès les premiers siècles de notre Église, les chrétiens ont compris l’importance de la fête de Pâques, fête du Christ ressuscité et fête du baptême célébré durant la grande vigile. Ils veulent s’y préparer. Assez rapidement, les quarante jours du Christ au désert se sont imposés comme une indication claire pour déterminer le temps et le sens de ce chemin annuel vers Pâques. Le Carême est un parcours à la suite du Christ. Jésus, pendant son séjour dans la solitude du désert n’a pas murmuré, ne s’est pas révolté contre Dieu. Il a été obéissance et amour du Père.

En marge de la célébration, il y a le rite de l’imposition des Cendres. En regardant les Cendres dans nos mains et sur notre front, nous y reconnaissons la poussière du désert soulevée par le vent qui l’infiltre partout. Elles nous rappellent les déserts de nos vies où nos fidélités sont mises à l’épreuve, les déserts de nos manques d’amour et de nos faims. Notre vie est une marche, un exode, une sortie pour aller vers Dieu et vers les autres. Le jeûne du Carême, au demeurant assez léger, creuse en nous la faim de la Parole de Dieu, la faim de vérité et de liberté. Nos modestes privations de nourriture nous placent en solidarité avec ceux qui manquent de pain ; elles doivent être vécues pour un partage avec eux.

Et pour terminer, je voudrais nous exhorter à changer de direction par rapport aux habitudes qui nous encrassent. Tendances de laisser-aller ; petites impatiences et ces mots d’oiseaux qu’on lance à son prochain … Prenez tout droit la route du Carême qui mène vers Pâques. Pour cela, défaisons-nous de nos gros bagages qui nous empêchent de prendre une bonne allure évangélique : le poids qu’exerce sur nous l’argent, l’attachement à nos biens qui nous désapproprie du meilleur de nous-mêmes et nous rend sourds aux appels de l’Évangile. La route à grande circulation de l’Évangile s’ouvre maintenant devant nous. Elle est à trois voies :

- aumône : vider un peu son porte-monnaie mais surtout, purifier ce qui engorge nos vies pour donner un peu de joie et de réconfort aux plus nécessiteux ;

- prière : vider les placards des soucis qui les encombrent et qui nous enlèvent le goût de donner du temps à Dieu ;

- jeûne : vider nos cœurs de l’attrait des nourritures terrestres qui alourdissent notre âme pour laisser creuser en nous la faim de Dieu.

Si nous voulons vraiment changer quelque chose dans notre vie, le Carême est pour nous. Cela ne veut pas dire que nous sommes des chrétiens uniquement de nom, plongés dans l’abîme. Nourrissons-nous tout de même de l’espoir de pouvoir être inscrits au nombre des sauvés car sous les Cendres de nos foyers, il reste des braises cachées.

Il suffit donc de peu pour faire repartir un feu. En effet, malgré nos obscurités, nous ne sommes jamais complètement éteints. Le souffle de l’Esprit et quelques brindilles de paroles de Dieu, de prières et de don de soi comme on entend souvent dire, suffisent à ranimer la flamme des premiers engagements et de la fidélité. S’il est vrai que les Cendres fertilisent le sol et que même les forêts brûlées finissent par repousser, ne désespérons pas, redoublons d’ardeur car fécondées par le don de Dieu, nos terres brûlées deviendront des terres à semailles.

Le Carême, pour me répéter, est le temps du renouveau. Il n’est donc pas trop tard pour se laisser imprégner par cette parole. « Revenez à moi de tout votre cœur ».

Bon courage, bon Carême, bonne marche pour aller au rendez-vous de la Résurrection.

Abbé Pierre Kouassi N’Kruma

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