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Paroisse de Pleumeur Bodou
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(247)La foi est un long fleuve qui traverse les siècles.
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(294)Ceux qui travaillent assurent une création éternelle.
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(232)Cette eau pleine de vie, où peux-tu la prendre ?
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(229)Je ferai des choses extraordinaires en haut dans le ciel et des choses étonnantes en bas sur la terre.
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Chuuut...

Publié le samedi 30 novembre 2013 , par Robert Gautheret

Chuuut...

A la messe du matin de Noël, nous entendrons proclamer les magnifiques versets du prologue de l’évangile de Jean. La Parole, nous dit l’évangile, s’est incarnée. « Le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous » (Jn 1, 14). Curieusement, cela s’est réalisé dans la naissance d’un bébé, d’un enfant. Étymologiquement, le mot ‘enfant’ est issu d’une racine latine qui signifie ‘celui qui ne parle pas’... Celui qui, d’abord, ne sait pas parler, et qui souvent, ensuite, n’a pas droit à la parole, réservée aux ‘grands’ ! Pourtant, c’est bien pour adresser aux hommes une Parole qui donne la vie que Dieu a envoyé son Fils.

Mais voilà que la Parole incarnée commence par se taire, quel paradoxe ! Pendant de longues années, la vie de Jésus restera cachée dans le silencieux anonymat de Nazareth. A douze ans, lorsqu’il quitte l’enfance, une seule parole du jeune Jésus sort du silence« Ne saviez-vous pas que c’est chez mon Père que je dois
être ? » (Lc 2, 49). Voilà sa place, celle d’où il vient, celle où il va, celle où il nous veut avec lui. Au bout de trente ans, pour inaugurer son ministère public, Jésus éprouve le besoin de se retirer durant quarante jours, seul, dans le silence du désert. Par la suite, les évangélistes évoquent plusieurs de ces moments où Jésus se met à l’écart, dans un lieu désert, pour prier. Et, c’est souvent après la traversée d’un temps de silence qu’il prononce la Parole qui libère, guérit, appelle, envoie… Tous ces silences nous parlent. Viendra enfin le moment où la Parole faite chair s’enfoncera dans le silence d’un grain de blé jeté en terre. Réduit au silence d’impuissance de la croix, le Verbe aura le dernier mot au matin de Pâques.

Pas étonnant que dans la nuit étoilée de Bethléem, les bergers,
qui sont souvent des taiseux, soient les premiers capables d’entendre les balbutiements du Verbe de Dieu venu rejoindre l’humanité en ce nourrisson si fragile. Alors, dans l’effervescence
bruyante qui précède habituellement les fêtes de Noël, il nous faut rechercher des lieux et des moments baignés de silence qui nous permettront d’entendre les pas de Celui qui vient. Le silence est une condition indispensable pour entendre ce que Dieu, Parole
éternelle, veut nous dire.

P. Hervé Le Vézouët

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