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(222)L enfant, un sacrement de Dieu.
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Carême : faire la vérité dans sa propre vie - l’édito de l’entrée en carême du père Chilair Boncoeur

Publié le samedi 23 février 2008, mis a jour le lundi 25 février 2008 , par Corentin Penn

Carême : faire la vérité dans sa propre vie.

Le Carême, est une invitation à prendre du recul pour se recentrer sur l’essentiel et, par la prière, le partage, le jeûne, réveiller en soi la faim de Dieu. Dans le langage courant le Carême est synonyme d’ennui. Ne disait on pas de quelqu’un de morose qu’il a une « face de Carême » ? Et si, justement, c’était le contraire ? Le mot vient du latin quadragésime, signifiant quarante. Quarante, comme le nombre d’années que le peuple hébreu, libéré par Dieu de l’esclavage d’Égypte, passa dans le désert avant d’entrer dans la Terre promise.

Quarante, comme le nombre de jours que le Christ passa à son tour au désert, « conduit par l’Esprit Saint pour y être tenté par le diable » (Matthieu 4, 1 11). Quarante décrit donc le commencement, le déroulement, la fin d’une action concertée entre Dieu et l’être humain. Depuis toujours associé à la préparation de la Semaine sainte et de la tête de Pâques, le Carême, qui dure donc quarante jours est un temps de pénitence et de conversion qui commence le mercredi des Cendres et s’achève avec la veillée pascale : célébration de la résurrection du Christ, événement fondateur de la foi chrétienne. C’est un temps particulier, donc, où chacun est invité à se poser des questions essentielles, à se rendre disponible, attentif et accueillant à la présence et aux appels de Dieu, afin de se laisser transformer, convertir par lui.

Dit autrement : le Carême est un temps pour faire la vérité dans sa propre vie, en se détachant de ce qui peut la rendre prisonnière, et ainsi retrouver le chemin de soi même, des autres, de Dieu. On pourrait presque parler d’une thérapie du coeur. En ce sens, le Carême est un temps de labeur, de combat intérieur contre tout ce qui, en soi, fait obstacle ou refuse le don de la vie, et qui empêche d’entendre ce que Jésus dit dans sa Passion : « Mon temps est proche, c’est chez toi que je vais faire la Pâque » (Matthieu 26, 18). En entrant dans le Carême, nous sommes invités à suivre Jésus au désert. Le désert qui est le chemin de la tentation, de combat, mais aussi le chemin de la force, de l’intimité avec soi même et avec Dieu. Ce combat peut être rude.

« La guerre la plus dure à mener est la guerre contre soi même ». D’abord dans quel esprit aborder le Carême ? Plus qu’à un effort, c’est à un abandon que nous sommes invités. Et cet abandon ne peut se faire sans ascèse. Si l’Église nous invite à jeûner, c’est que le jeûne attise la faim de Dieu et de sa parole. Chaque croyant doit chercher les moyens d’y répondre, en fonction de sa situation et de sa santé. Il ne s’agît pas ici du jeûne qui n’a pour fin une cure d’amaigrissement ni de « se faire une beauté ».

Le véritable jeûne attendu par Dieu, c’est celui qui porte l’être humain à descendre au plus profond de lui même pour découvrir tout ce qui, dans sa vie, n’est pas conforme aux désirs de Dieu ; et par là, arriver à se convertir. En un mot, c’est le jeûne qui porte l’être humain à s’ouvrir à Dieu et à faire régner la justice et la fraternité là où il vit. Ce jeûne est source de lumière et de vie. C’est ce que nous fait comprendre le prophète Isaïe quand il nous décrit le jeûne qui fait plaisir au Seigneur. (Is. 58, 19a). Vous jeûnez, vous vous mortifiez, vous faites pénitence, et en même temps vous faites des affaires, vous vous livrez aux querelles, aux disputes, vous méprisez ceux qui sont de basses conditions. Est ce là le jeûne qui me plaît ? Est ce là ce que tu appelles un jeûne ?

Voici le jeûne que je préfère : partager ton pain avec l’affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri. Si tu vois un homme nu ou mal vêtu, le vêtir correctement, ne pas te dérober devant lui qui est ta propre chair. En pratiquant le jeûne, il faut faire bénéficier les pauvres de ce dont nous nous privons volontairement. Alors le partage va de pair avec le jeûne. A un moment où nous côtoyons la misère quotidiennement, nous sommes appelés à nous engager, personnellement et collectivement, dans tout ce qui permet un meilleur partage des biens de la terre. C’est ainsi que nous recréons le monde, que nous participons prophétiquement : à la construction du monde nouveau promis par Dieu.

Nombreux sont ceux qui choisissent de donner ce qu’ils ont de plus précieux : du temps. Ils réorganisent alors leurs priorités, se libèrent pour l’essentiel : l’attention aux plus proches, la rencontre, mais aussi le silence, la prière, l’écoute ou la lecture de la Parole de Dieu. La pénitence et la réconciliation.

Les actions de solidarité n’ont rien de démodé. C’est le sens de la campagne de Carême animée, au nom de l’Église de France, par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Ce faisant, ils s’inscrivent dans le sillage des prophètes et de la tradition de l’Église, qui enseigne que le jeûne est inséparable du partage.

Celui ci est même une dimension essentielle du jeûne. Comme le dit saint Augustin, « le jeûne et l’aumône sont les deux ailes qui soulèvent jusqu’à Dieu la prière du Carême ». Préparons nous à vivre ce Carême dans la sérénité, la paix du coeur, l’abandon confiant à Dieu. Ne prenons pas une mine défaite pour nous faire remarquer, mais parfumons nous la tête avec le parfum de l’Esprit, le parfum de l’amour, le parfum des bonnes oeuvres auprès de ceux qui ont besoin de notre aide. Lavons nous le visage en nous purifiant des pensées méchantes, des pensées et des paroles mal ajustées qui font mal aux autres.

Ainsi le Seigneur Dieu qui voit dans le secret nous le rendra et nous fera participer à la Résurrection Ascension du Christ.

Jean Chilair BONCOEUR

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