Paroisse Pleumeur Bodou : aller au sommaire
Paroisse de Pleumeur Bodou
Quatre photos cliquables pour prier...
Image N° 233 Image N° 240 Image N° 236 Image N° 255
(1335)L herbe se dessèche et la fleur tombe ; 

Mais la Parole du Seigneur demeure pour l Eternité.
[D] 
(218)Tu es grand Seigneur 

Eternellement
[D] 
(266)Dépasser la tolérance pour vivre le respect.
[D] 
(224)Venez à l écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu.
[D] 

Accueil > Editos > C’est quand on aime Dieu au delà de ce qu’il peut nous apporter, qu’il nous (...)

C’est quand on aime Dieu au delà de ce qu’il peut nous apporter, qu’il nous donne le plus - Laurent le Boulch

Un beau texte de Laurent le Boulch appliqué aux jeunes adolescents

Publié le dimanche 26 mars 2006, mis a jour le samedi 8 juillet 2006 , par Corentin Penn

Babylone, 587 avant Jésus Christ. Le peuple d’Israël vit l’une des plus grandes épreuves de son histoire. Les armées de Nabuchodonosor, roi de Perse, ont envahi le pays. Le Temple de Jérusalem est en partie détruit. Le peuple d’Israël est arraché à sa terre. Il va connaître 50 longues années de déportation à Babylone.

L’exil à Babylone est une épreuve terrible pour Israël. Une crise tellement profonde qu’elle aurait normalement du conduire Israël à la révolte ou à l’oubli. Comment, en effet, et pourquoi continuer de croire en un Dieu si étrange et contradictoire, incompréhensible ? Comment trouver encore la force de vivre dans la fidélité en un Dieu qui semble abandonner les siens ? Dieu devenu absent, mieux vaut vivre alors comme les païens, épouser leurs dieux et leurs coutumes et ne plus avoir d’histoire. Etre rayé de la carte des peuples. En finir avec l’originalité d’Israël née de la foi au Dieu unique.

A vue humaine, tout aurait du conduire Israël à la fin de son rêve.

Or, le plus étonnant, c’est que le temps de l’exil, au lieu de signer la fin d’Israël va provoquer en lui un extraordinaire renouvellement. Un nouveau commencement. Au lieu de démissionner et de tout abandonner, le tout petit reste des croyants exilés va se livrer à un travail de géant. Une tâche monumentale. Jamais Israël ne connaîtra un effort aussi intense de compréhension de sa foi. Car, plutôt que de lâcher Dieu dans l’épreuve, Israël va tenter de le revisiter. Réinterroger sa foi, relire ses écritures, faire appel aux sages du temps et tâcher de décrypter à quel mystère plus fort encore Dieu appelle les hommes : qui donc est Dieu qui supporte l’exil de son peuple ? A quelle vie les croyants sont ils donc appelés ? 50 années prodigieuses de questionnement et d’approfondissement

Bien des années plus tard, à la faveur de Cyrus, roi de Perse, les exilés reviennent au pays. Une immense joie dans le chant des psaumes. Mais ces exilés ne reviennent pas comme ils sont partis. Ils sont porteurs de toute la réflexion nouvelle de la foi. Ils ont avec eux l’extraordinaire maturité de la foi que leur a donnée l’épreuve. Leur Dieu n’a pas changé mais ils sont devenus croyants autrement.

Cette expérience est décisive pour Israël. Israël a appris là que si l’épreuve peut parfois tout casser et tout détruire, elle peut aussi permettre de tout reconstruire autrement.....

Histoire d’Israël. Histoire de Jésus. Notre histoire aussi.

Car nous sommes appelés à faire de nos vies une histoire de Pâques, une histoire de mort et de résurrection.

A la condition d’accepter de nous laisser transformer au coeur de l’épreuve.

L’adolescence est le plus souvent une épreuve. Il faut subir beaucoup de transformations dans son corps et dans son esprit et cela demande une énergie considérable. C’est le temps où l’on se pose plein de questions. On ne voit plus bien clair. C’est comme un brouillard. Ce qui nous paraissait si évident jusque là ne l’est plus beaucoup. Il faut quitter l’enfance pour passer à l’âge adulte, mais on reste parfois au milieu du gué entre ces deux rives. On ne veut plus être considéré comme un enfant mais devenir adulte fait encore un peu peur.

Comment alors tenir, traverser l’épreuve ? Comment faire de l’épreuve de l’adolescence un temps non pas de destruction mais de construction, un temps de régression ou de démission mais de maturation ?

Qu’est ce que l’histoire d’Israël et celle de Jésus peuvent nous apprendre ?

Accompagner le temps de l’adolescence c’est ne pas s’enfermer dans ses difficultés, dans ses échecs. Vous valez bien plus que ce que vous pensez. Aux yeux de Dieu qui ne juge pas aux apparences, vous êtes bien davantage que ce que vous donnez à voir. C’est une loi de l’Evangile que de ne jamais réduire la personne à ses actes et à ses échecs. Je le dis pour les parents et les éducateurs : jamais un jeune ne devrait être réduit à ses difficultés.

Accompagner le temps de l’adolescence, c’est prendre le temps de relire l’expérience. Relire la vie. Je vous encourage à prendre le temps de faire des pauses pour apprendre à tirer les leçons de nos expériences et donc s’ouvrir à plus de sagesse. Du côté des adultes c’est tellement important de savoir écouter les jeunes. Les laisser raconter leurs vies et leurs questions.

Accompagner le temps de l’adolescence c’est ouvrir à la grâce de la confiance en Dieu. Les épreuves sont parfois des crises redoutables et nous sommes aujourd’hui des êtres tellement fragiles. L’épreuve semble mettre à mal les signes de l’amour de Dieu pour l’homme. On a l’impression que Dieu est absent. On voudrait alors tout laisser tomber.

Or, c’est justement quand on parvient à tenir dans l’amour de Dieu malgré l’épreuve, c’est là qu’on touche au plus fort de la foi. C’est quand on aime Dieu au delà de ce qu’il peut nous apporter, qu’il nous donne le plus. Garder sa confiance en Dieu malgré l’épreuve est quelque chose qui peut paraître étrange et incompréhensible à beaucoup, et cependant c’est un trésor pour la vie. Car l’homme trouve là une force, un courage, un extraordinaire oui à la vie.

Vivre cela, c’est grandir dans la foi. Mais cela passe par un travail. Travail de questionnement, d’approfondissement, de méditation de la Parole de Dieu. Une maturation spirituelle à vivre pour chacun de nous.

Dans notre société atrophiée spirituellement, menacée de dépression collective, il y a là une tâche essentielle. Cela donne une importance particulière à la responsabilité notre communauté chrétienne d’annoncer à tous, et en particulier aux jeunes, le trésor révélé dans l’Evangile du Christ. Vous comprenez, qu’à plus forte raison aujourd’hui, cette mission n’a rien d’accessoire, de secondaire ou de superficiel. Au contraire, dans notre monde en déficit de sens, c’est là une vraie urgence pour aujourd’hui.

Frères et soeurs, que notre carême, temps du combat dans l’épreuve, nous fortifie. Qu’ensemble notre prière nous aide à nous faire solidaire les uns des autres, et notamment les jeunes, dans les crises qu’ils rencontrent dans leur vie. Amen.

4 dimanche Carême B 06 St Jo Trébeurden LLB

Version imprimable de cet article Version imprimable